L’appétit des investisseurs pour le crédit ne se dément pas
Depuis mars dernier, le marché du crédit a connu un redressement spectaculaire. Les investisseurs s’intéressant à nouveau à la classe d’actifs, les spreads se sont fortement resserrés. L’indice iBoxx Corporates qui regroupe les obligations corporates en Europe s’est détendu de 150 points de base (pb) depuis le début de l’année à 123 pb. Les dérivés de crédit ont suivi la même voie. Alors qu’il avait dépassé 200 pb en mars, l’indice iTraxx Europe est retombé à moins de 100 pb.
Et les marchés pourraient continuer à se redresser. « Nous pensons que le crédit continuera de bénéficier de facteurs techniques très positifs pour le second semestre », indique Chantana Sam, stratégiste crédit chez Axa IM. De fait, l’appétit des investisseurs pour le crédit ne se dément pas. « Cette tendance devrait perdurer car certains investisseurs allouent leurs actifs en suivant les performances », estime le professionnel d’Axa IM. Ils devraient continuer à se positionner sur le crédit qui offre des rendements, certes moins élevés qu’il y a quelques mois, mais toujours attractifs.
L’offre de titres nouveaux devrait quant à elle se réduire, ce qui soutiendrait le marché. Plus de 200 milliards d’euros pourraient être émis par des sociétés en Europe au second semestre, contre 270 milliards d’euros sur les six premiers mois de l’année. « Le rythme des émissions devrait ralentir d’ici la fin de l’année car les groupes se sont largement refinancés au premier semestre », explique Bertrand Michaud, analyste chez Louis Capital Markets. Leurs besoins sont en outre réduits compte tenu de la baisse de leurs investissements et des opérations de fusions-acquisitions. Si les groupes bien notés ont pu vendre des obligations depuis le début de l’année, le marché primaire ne s’est ouvert aux émetteurs classés dans la catégorie spéculative que récemment. Ces prochains mois, ces derniers pourraient se montrer plus actifs. Le secteur du high yield risque toutefois de souffrir de l’augmentation attendue du taux de défaut. De 6,7 %, il pourrait bondir à 12 %, voire 15 % selon les agences de notation.
Compte tenu de la hausse des défaillances, et plus largement, d’une situation économique encore incertaine, le marché du crédit n’est pas à l’abri d’une correction. « Nous anticipons un petit élargissement des spreads. De fait, les perspectives de résultats pour les entreprises sont mauvaises et le marché du crédit reste volatile », explique Bertrand Michaud.
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