L’année démarre en trombe sur le marché obligataire
Le dynamisme du marché de la dette ne se dément pas en ce début d’année en Europe. Les émissions obligataires sont reparties sur les chapeaux de roue. La tendance s’est notamment observée sur le segment «high yield» en passe de réaliser un montant record d’émission pour un mois de janvier, selon les anticipations de S&P LCD qui compile les données de marché depuis 2006.
Le précédent record date de 2010 avec 5,7 milliards d’euros de levées de fonds pour la dette à haut rendement. Près de 750 millions d’euros de dette high yield ont déjà été émis depuis le début de l’année, et un montant d’opérations de quelque 1 milliard d’euros est actuellement en cours de présentation aux investisseurs.
Les émissions du fabricant allemand de matériel médical Fresenius et du groupe de services aux entreprises Atalian sont venues animer le marché. Fresenius vient de lever 500 millions d’euros d’obligations à maturité juillet 2020 à un rendement de 2,875%, soit un plus bas historique pour une émission de dette high yield en euro, souligne Suki Mann, stratégiste crédit à la Société Générale dans une note publiée la semaine dernière. Atalian a placé de son côté 250 millions à échéance 2020, devenant ainsi le premier groupe familial à réussir une première émission au taux de 7,25%.
Les émetteurs continuent de bénéficier de l’appétit des investisseurs dans un contexte de taux bas. Même les groupes généralement peu actifs sur le marché de la dette profitent de cet environnement favorable. Sur le segment «investment grade» des émetteurs les mieux notés, l’organisme de crédits automobile Socram Banque a levé la semaine dernière 350 millions d’euros de dette senior bancaire non sécurisée à 3 ans. Sa précédente émission de 275 millions remontait à octobre 2010 avec une maturité à 2012. D’autres financières ont opté pour le marché en dollar à l’image d’Axa qui a annoncé vendredi préparer une émission de dette subordonnée de capital tier 2.
Les premiers signes de surchauffe observés fin 2012 poussent toutefois à la prudence. «Après le rally de ce début d’année, on peut redouter un essoufflement dès le deuxième trimestre, en raison de la formation d’une bulle pour les émetteurs dont la dette est de moindre qualité », prédit Marnik Hinnekens, responsable de la recherche crédit chez Tullett Prebon.
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