L’ancrage du franc suisse par la banque centrale fait ses preuves
La monnaie est restée au-dessus du plancher de 1,20 franc pour un euro depuis septembre, ce qui devrait soulager l'économie
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Solenn Poullennec
La dernière intervention de la Banque Nationale (BNS) Suisse sur le marché des changes s’est révélée plus fructueuse que les précédentes. La devise s’établit aujourd’hui 1,228 franc suisse pour un euro, soit significativement au-dessus du taux plancher de 1,20 fixé le 6 septembre dernier.
«Pour l’instant c’est un succès, la BNS est très crédible et on pense qu’elle va le rester, dans la mesure où il n’y a aucune contradiction entre la situation de l’économie suisse et les éventuels effets secondaires de sa politique de change», explique David Deddouche, stratégiste change chez SG CIB.
Car pour soutenir l'économie helvétique dépendante à 57% des exportations, la BNS s’est engagée à «acheter des devises étrangères en quantité illimitée». Ce qui pourrait en théorie tirer l’inflation à la hausse. Mais cette menace est encore très loin de peser sur la confédération qui redoutait en septembre des «développements déflationnistes».
A cet égard, les derniers chiffres sont positifs. L’indice des prix à la consommation a enregistré une hausse de 0,3% en septembre par rapport à août. En glissement annuel, le renchérissement est de 0,5%. «On ne peut pas tirer de conclusions définitives mais la balance commerciale et l’inflation sont plutôt allées dans le bon sens», commente David Deddouche.
Lors de l’annonce de la BNS, les analystes craignaient aussi qu’elle ne paye le prix fort pour tenir ses engagements. Mais elle «n’a pas eu à dépenser trop d’argent durant le premier mois de fixation d’un taux minimum», se rassurent les analystes d’UniCredit. Les réserves de devises n’ont augmenté que de 30 milliards de francs en septembre, à 282 milliards de francs.
Il faut dire que selon Nordine Naam, chez Natixis, la BNS «a été aidée par l’amélioration de l’appétit pour le risque depuis plusieurs semaines, même si l’euro/franc vient tout juste de connaître un trou d’air», crise de l’euro oblige.
Les rumeurs sur un relèvement du plancher courent toujours mais les analystes restent sceptiques. «Cela joue dans son intérêt de laisser ces rumeurs se propager car les gens sont hésitants à acheter du franc suisse», explique David Deddouche. Et son confrère, Nordine Naam de renchérir «Je ne crois pas à un relèvement car à la moindre nouvelle négative sur l’Europe, le franc suisse va être de nouveau demandé».
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