L’AMF s’interroge sur les effets de l’arrêt Grande Stevens
Pour son septième colloque, la commission des sanctions de l’AMF s’est notamment penchée sur le principe «non bis in idem», invoqué en mars dernier par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) dans son arrêt Grande Stevens pour interdire le cumul des sanctions administrative et pénale pour les mêmes faits.
Si le système français dual où les sanctions pénales coexistent avec les sanctions administratives a prouvé son efficacité, «nous ne pouvons ignorer les signaux que la CEDH nous envoie dans l’affaire Grande Stevens, estime Michel Pinault, président de la commission des sanctions. Nous devons pouvoir continuer de réprimer pénalement les agissements les plus graves et trouver une meilleure articulation entre les deux voies de poursuite sans exclure l’une ou l’autre». Michel Pinault invite à trouver une solution au niveau européen, qui passerait d’abord par une plus grande coopération entre les différentes commissions des sanctions européennes.
Au seul niveau français, Gérard Rameix, président de l’AMF, se félicite des réformes récentes, comme l’institution d’un procureur financier spécialisé, permettant d’améliorer les relations entre le régulateur et le Parquet.
Mais une application de Grande Stevens ne semble pas encore à l’ordre du jour en France. La directive abus de marché, non encore transposée dans les états membres, impose la sanction pénale. Or, «le pénal, c’est le cœur du régalien», explique le conseiller d’Etat Jean-Luc Sauron, rappelant que le traité de Lisbonne permet à l’Union européenne de n’imposer des règles pénales que si cela «s’avère indispensable pour assurer la mise en œuvre efficace d’une politique de l’Union».
Dès 1989, le Conseil constitutionnel reconnaissait à la COB la possibilité de prononcer une sanction pécuniaire pouvant se cumuler avec des sanctions pénales, sous réserve que le montant global des sanctions prononcées ne dépasse pas le montant le plus élevé de l’une des sanctions encourues. Toutefois, Guy Canivet, membre du Conseil, a refusé de se prononcer sur la compatibilité de la jurisprudence du Conseil constitutionnel avec l’arrêt Grande Stevens.
Alors que «la sanction pécuniaire n’a pas d’effet dissuasif, quel est l’effet d’une sanction pénale intervenant – en première instance – 8 à 12 ans après les faits», s’interroge l’avocat Dominique Schmitt, évoquant sans les citer les affaires Altran, Pechiney et EADS.
Plus d'articles du même thème
-
Restée périphérique dans le portefeuille de L’Occitane, la marque Elemis échoit à PAI Partners
Acquise en 2019 auprès de Steiner Leisure (L Catterton), Elemis n’a pas tenu toutes ses promesses de développement à l’international chez L’Occitane, qui opère un nettoyage de son portefeuille avant un possible retour en Bourse. -
Roche Bobois traverse une crise de gouvernance
Deux des trois administrateurs nouvellement arrivés au conseil de surveillance en juin dernier sur une proposition de TXR, deuxième actionnaire du groupe d’ameublement, ont démissionné en octobre. Ils ne seront pas remplacés. -
M6 retrouve la fréquence du succès et ravive les espoirs des investisseurs
Tiré par l'effet Coupe du monde de football, le groupe audiovisuel a signé son "meilleur trimestre historique" sur les cibles commerciales et son "meilleur trimestre depuis 25 ans sur l'ensemble du public". De quoi susciter un regard neuf des investisseurs. D'autant que les braises spéculatives sur son contrôle ne sont pas totalement éteintes. -
Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
Jean-Pierre Thomas, président de Thomas Vendôme Investment, accorde une interview à L’Agefi. Il présente son rôle d’intermédiaire entre les sociétés de gestion et les investisseurs institutionnels, précise ses pratiques, et sa défense sur l'affaire Malakoff Humanis / Thomas Vendôme Investment. -
L'éclatante victoire des démocrates redistribue les cartes parmi les secteurs cotés
De la défense aux banques, en passant par les énergies renouvelables et les semi-conducteurs, petit tour d'horizon des potentiels gagnants et perdants de ce succès démocrate. -
AIG voit son bénéfice net bondir de 63% au troisième trimestre
Le géant mondial de l’assurance a publié des résultats au-dessus des attentes. Son bénéfice net progresse de 63% à 844 millions de dollars au troisième trimestre.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Dette immobilière, le plus difficile reste à venir
- Amundi sort un trimestre solide mais sans records
- Benoît Jauvert et David Kalfon (Flornoy Ferri et Sanso Longchamp AM) : «La combinaison de nos offres va donner naissance à une proposition de valeur plus globale»
- L'AMF demande aux fonds monétaires de relever leurs tampons de liquidité
- La Turquie coupe des têtes après le scandale dans son industrie des fonds
Contenu de nos partenaires
-
InfrapolitiqueJ'ai lu le glaçant Mini-manuel d’insurrection informationnelle qui inspire tant LFI
Au Brésil, la chaîne WhatsApp « Armée de Lula » a contribué à la victoire du président sortant. A quel prix ? Celui d'internautes considérés comme des « soldats », à qui il était demandé de suspendre leur « conscience critique » le temps d'une action sur les réseaux sociaux ? -
La Fabrique de l'OpinionMahasti Razavi, du cabinet Debouzy : « Ce qui freine l’innovation en IA, ce n’est pas la réglementation, ce sont les moyens »
Mahasti Razavi est Managing Partner d'August Debouzy, experte en droit des technologies de l'information. -
Parlez-vous design ?
Aujourd’hui, tout est « design ». Ce mot-valise devenu adjectif multiplie ses canaux d’expression et génère un vocabulaire contagieux, empruntant à tout-va jusqu’au vide absolu.