L’AMF et l’AFG privilégient sept mesures pour renforcer la gestion française à l’international
Comment renforcer la présence de la gestion d’actifs française à l’international ? Cette question stratégique se pose avec une acuité particulière dans la perspective du Brexit et d’une possible redistribution des cartes entre les places financières européennes.
Après plusieurs mois de réflexion, l’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Association française de la gestion financière (AFG) ont présenté dans un rapport (voir ci-desous), jeudi 27 octobre, le résultat de leurs travaux menés par le groupe de travail FROG. Sept «mesures concrètes» sont privilégiées afin de parvenir à «une plus grande visibilité et une meilleure distribution des fonds français à l’international» et de «renforcer l’attractivité de la place de Paris pour les investisseurs internationaux», indique le communiqué conjoint.
Parmi les sept mesures décidées, «les deux premières mesures permettront ainsi aux investisseurs de : 1. Choisir parmi un catalogue complet de solutions en matière de souscription/rachat de fonds (comprenant le développement d’une offre de « Transfer agent » en France) ; 2. Investir dans des SICAV ayant fait le choix du respect d’une charte de bonne gouvernance», précisent l’AMF et l’AFG.
Le communiqué ajoute que «les cinq autres mesures, en insistant sur la transparence ou en apportant davantage de flexibilité aux sociétés de gestion, permettront également aux acteurs de la gestion d’actifs de : 3. Mieux communiquer sur les frais de gestion et se positionner de manière plus équitable dans les comparateurs en ligne ; 4. Décider de l’absence ou de l’usage de la classification AMF des fonds, rendue optionnelle ; 5. Développer des activités en disposant de possibilités élargies en matière de délégation ; 6. Gérer de la meilleure façon leur stratégie d’investissement, en ligne avec les conditions de marché et dans le meilleur intérêt du fonds et de ses porteurs grâce à une palette étoffée d’outils de gestion de la liquidité ; 7. Profiter de nouvelles possibilités en matière de pré-commercialisation».
«Né d’une ambition commune de l’AMF et de l’AFG, le groupe de travail FROG vise à apporter aux acteurs français et étrangers de la gestion d’actifs faisant le choix de domicilier leurs fonds d’investissement en France les meilleures conditions pour leur développement à l’international», rappelle le communiqué.
L’action de FROG sera prolongée dans le temps. Un rendez-vous annuel sera instauré pour que cette démarche soit évolutive, indiquent l’AFG et l’AMF. La démarche du groupe FROG s’Inscrit dans un environnement réglementaire unifié en Europe. Elle s’est nourrie du besoin de trouver de nouveaux relais de croissance à la distribution des fonds français dans un contexte d’internationalisation et de digitalisation des services financiers. Elle a permis l’installation d’une nouvelle dynamique ambitieuse et compétitive de la place de Paris. Avec ces sept premières mesures, à prise d’effet imminente, FROG devrait contribuer à renforcer le rôle de plateforme que la place financière est en mesure de jouer.
Plus d'articles du même thème
-
Rothschild & Co AM collecte 3,6 milliards d’euros au premier semestre 2026
La collecte a été portées par différents pays et différentes typologies de clientèle. R-co Valor et R-co Conviction Credit Euro attirent une bonne partie des flux. Cela permet à la société de gestion d'atteindre les 50 milliards d'euros d'encours. -
Verizon et Lockheed Martin confient 70 milliards de dollars à Goldman Sachs
Goldman Sachs renforce ses positions dans la gestion externalisée des retraites, un marché très disputé où s’affrontent notamment BlackRock, Mercer et Russell Investments. -
Schroders recentre son activité de gestion de patrimoine sur les clients les plus aisés
Le plus important asset manager britannique indépendant cède Benchmark, son activité de conseil financier sur le segment mass affluent gérant 37,1 milliards de livres, à Söderberg & Partners, un groupe présent dans le conseil financier et le courtage d'assurance dans les pays nordiques et aux Pays-Bas. -
Eurizon s’intéresse à l’Espagne
Eurizon regarde de plus en plus au-delà des frontières italiennes, rapporte Bluerating, citant un article d’Expansión. La société de gestion du groupe Intesa Sanpaolo a en effet engagé une démarche de renforcement international. Aujourd’hui, 17 % des encours d’Eurizon proviennent d’une clientèle extérieure au groupe Intesa Sanpaolo, mais l’objectif est d’augmenter encore cette part. -
Baillie Gifford a présenté un plan de départs volontaires
Le directeur général de Baillie Gifford, Tim Campbell, a annoncé aux collaborateurs de la société qu’ils avaient la possibilité de quitter l’entreprise, alors que celle-ci cherche à recentrer son activité sur les segments du marché à plus forte croissance, révèle le Financial Times. Il a indiqué, lors d’une visio interne récente, que les salariés basés au Royaume-Uni pourraient partir dans le cadre d’un programme de départs volontaires, avant de tenir une réunion réunissant l’ensemble du personnel sur ce sujet. Baillie Gifford, fondée en 1908, gère environ 200 milliards de livres sterling d’actifs et emploie 1.600 personnes au Royaume-Uni. Le gestionnaire d’actifs cherche à développer son activité auprès des family offices, des clients intermédiaires aux États-Unis et en Asie 5conseillers financiers et gérants de fortune), ainsi qu’auprès des clients recherchant une exposition accrue aux actifs privés. -
UniCredit réduit de moitié les encours confiés à Amundi
UniCredit réduit de moitié les encours confiés à Amundi au sein de sa gestion d’actifs et prépare le terrain au divorce avec la société de gestion contrôlée par Crédit Agricole, rapporte le quotidien italien Milano Finanza. La banque italienne a durci un cran supplémentaire son partenariat avec le groupe français, dans une trajectoire qui vise à réduire progressivement la dépendance à un fournisseur unique et à renforcer sa propre fabrique de produits interne.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
Contenu de nos partenaires
-
Jour J, heure HFin de vie : ultimes vertiges parmi les députés
Alors que « l’aide à mourir » doit être adoptée par un vote solennel ce mercredi, des hésitations se font encore jour au Palais-Bourbon parmi des élus qui ont conscience de vivre un moment d’Histoire -
Encore et encoreEntre l’Iran et Trump, la bataille d’Ormuz repart de plus belle
Echaudé par les attaques iraniennes, le président américain a annoncé l’instauration d’une taxe de 20 % pour le passage du détroit. Avant d’y renoncer sous la pression -
EditorialAide à mourir, la liberté abîmée
Il n’y a pas de liberté véritable si les consciences ne sont pas éclairées par la vérité des faits. Or, à toutes les étapes du débat sur la fin de vie, la vérité aura été maltraitée.