L’amélioration des conditions financières en Europe soutient l’euro
Face aux autres monnaies internationales, l’euro se renforce significativement, soutenu par le statu quo unanime de la Banque centrale européenne (BCE). Hier soir, le taux de change euro/dollar était à 1,33 contre 1,30 le 9 janvier, soit la veille de la conférence mensuelle du président, Mario Draghi. On est très loin du 1,20 atteint fin juillet.
Pour les stratégistes changes de BNP Paribas, la semaine dernière a été déterminante pour la devise européenne. Non seulement, la BCE a maintenu ses taux inchangés et ne semble pas vouloir les abaisser à très court terme. Mais encore son président a insisté sur l’amélioration des conditions financières en zone euro, qui pourrait se répercuter sur l’économie réelle: «la BCE est la seule banque centrale du G4 dont le bilan diminue, les fondamentaux de la politique monétaire deviennent positifs pour l’euro».
Les stratégistes ajoutent que les réserves de changes dans les pays émergents sont toujours surpondérées en dollar par rapport à l’euro, ce qui pourrait soutenir la demande pour la monnaie européenne. Quant au dollar, les spécialistes de BNP estiment qu’il devrait souffrir de chiffres de croissance décevants pour le quatrième trimestre 2012 et le premier trimestre 2013. Dans ce contexte, ils n’attendent pas d’arrêt anticipé de la troisième phase d’assouplissement quantitatif de la Fed et sont persuadés que le bilan de celle-ci va continuer à augmenter, au détriment du billet vert.
Hier soir, l’euro/livre était à 0,83 contre 0,81 le 9 janvier dernier. Selon les stratégistes de Citi, la devise britannique a perdu un peu de son statut de valeur refuge : les dernières données sur l’économie britannique ne sont guère encourageantes, la Banque d’Angleterre pourrait décider de prolonger l’assouplissement monétaire le mois prochain, et le pays est toujours sous la menace d’une dégradation. Les stratégistes doutent cependant que l’euro puisse encore se renforcer face à la livre, en l’absence de nouvelles concrètes de part et d’autre de la Manche.
La recherche de Citi souligne aussi que «les marchés parient de manière agressive sur un assouplissement de la Banque du Japon. Si des interventions sur le marché des changes devaient devenir un élément à part entière de la boîte à outils de la BoJ après le mois d’avril, cela pourrait soutenir encore davantage l’euro face au yen». Hier, l’euro/yen était à 119,43 contre 114,8 début janvier.
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