L’alliance de l’EFSF et de la BCE accroîtrait leur force de frappe
A l’heure du «deleveraging», les Etats de la zone euro doivent-ils accroître le levier de la Facilité européenne de stabilité financière (EFSF) ? Tim Geithner, le secrétaire américain au Trésor, le leur aurait suggéré vendredi en Pologne, même si officiellement il n’en a pas été question. Le dirigeant aurait en tête l’exemple du Talf aux Etats-Unis.
Le Talf, ou Term asset-backed securities loan facility, est une facilité de crédit que la Réserve fédérale avait mise en place en novembre 2008, après la faillite de Lehman Brothers, pour permettre à l’économie de continuer à se financer grâce à la titrisation. Elle a été fermée en juin 2010. La Fed pouvait acheter aux banques jusqu’à 200 milliards de dollars de titres ABS, sans recours, adossés à de nouveaux crédits, grâce à une garantie de 20 milliards sur les premières pertes, apportée par le Trésor. Soit un effet de levier de 10 pour un dollar de garantie. En pratique, le Talf a acheté 70 milliards d’ABS.
«L’EFSF pourrait aussi agir comme garantie sur les pertes de la BCE sur ses investissements en obligations souveraines», estiment les analystes crédit de Tullett Prebon. Les 440 milliards d’euros du Fonds, en garantie, permettraient ainsi à la banque centrale de poursuivre ses achats de dette périphériques à hauteur de plusieurs fois ce montant.
Reste que cette mouture se heurterait à plusieurs obstacles. Politiques, d’abord, puisqu’il faudrait la faire approuver par les différents pays contribuant à l’EFSF, alors que les parlements nationaux n’ont pas tous voté la deuxième mouture du fonds. Par ailleurs, «ajouter du levier à l’EFSF pourrait mettre de la pression sur le rating AAA» des pays qui garantissent ses émissions, «notamment de la France», souligne Tullett Prebon.
Les réflexions sur une alliance de la Facilité européenne et de la BCE vont en tout cas bon train. Les économistes de Deutsche Bank préconisent, eux, une solution inverse: transformer l’EFSF en vraie banque, éligible au refinancement de la banque centrale. «Cela lui permettrait de se ‘leverager’ et donc d’accroître ses interventions, sans devoir augmenter les garanties apportées par les pays du cœur de la zone euro», explique Gilles Moec, économiste de la banque allemande à Londres. Et pour la BCE, prendre en collatéral la dette périphérique apportée par l’EFSF serait moins risqué et moins critiquable que son actuel programme d’achats sur le marché.
Plus d'articles du même thème
-
Clésame se positionne sur le marché stratégique du transfert intergénérationnel
Alors que plusieurs milliers de milliards d’euros doivent changer de mains dans les prochaines décennies, la legaltech française Clésame développe une solution numérique visant à structurer la transmission de son vivant et à fluidifier son règlement pour les professionnels du patrimoine. -
« Si les marges de crédit paraissent peu attrayantes, le taux de rendement global l’est »
Olivier Robert, responsable de l'équipe Fixed Income chez CPR AM -
Le Royaume-Uni va durcir les règles applicables aux fonds monétaires
Le gouvernement britannique introduira de nouvelles orientations pour les fonds monétaires afin de répondre aux demandes de rachats en période de stress. Une nouvelle législation dont les spécificités techniques seront prochainement apportées par la Financial Conduct Authority, le régulateur local. -
Schroders pourrait se séparer de sa filiale en Chine
Le gestionnaire d’actifs britannique avait obtenu l’autorisation de Pékin pour lancer cette filiale en 2023. -
Les taux américains atteignent leur plus haut niveau depuis un an
Les marchés ont signifié leur déception vendredi après la visite à Pékin du président américain Donald Trump, dont ils espéraient une issue au blocage du détroit d’Ormuz. Entre la hausse des cours du pétrole et les possibles réactions des banques centrales, ou le risque de coûts budgétaires pour les Trésors aux Etats-Unis comme dans de nombreux autres pays, les taux ont grimpé à des plus hauts depuis un an. -
Federated Hermes s’adjoint un responsable des opportunités de crédit européennes
Il s’agit de Carlos Gross, un ancien d’Alcentra.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- Indosuez Wealth Management se lance à son tour sur le segment des ETF
- Bruxelles poursuit l'assouplissement des exigences ESG
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Bertrand Merveille : «BDL Capital pourrait battre cette année ses records d'encours et de collecte»
- Emergence accueille cinq nouveaux investisseurs institutionnels
Contenu de nos partenaires
-
Nigeria : un chef de l'EI tué lors d’une opération impliquant l'armée américaine
L’opération militaire américaine, conjointe avec les forces armées du Nigeria, visait Abu-Bilal al-Minuki, présenté par Donald Trump comme le numéro deux de l'EI dans le monde -
Israël et le Liban prolongent le cessez-le-feu de 45 jours
Tel Aviv et Beyrouth se sont accordés sur une extension de quarante-cinq jours du cessez-le-feu. Celui-ci n’a pas arrêté les combats entre l’État hébreu et le Hezbollah -
Changement d'èreAu sommet de la Fed, Kevin Warsh sur une ligne de crête, coincé entre Trump et réalité économique
Choisi par Donald Trump, qui souhaite infléchir les taux directeurs malgré l’envol de l’inflation, le nouveau patron de la banque centrale américaine disposera de marges de manœuvre restreintes