L’Allemagne ne compte pas céder face aux maillons faibles européens
Le président de la Bundesbank réitère son opposition catégorique à une intervention massive de la BCE sur le marché obligataire italien
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Patrick Aussannaire
L’Allemagne ne compte pas céder un pouce de terrain dans la gestion de la crise européenne. A la veille d’une adjudication test pour le nouveau gouvernement italien (lire ci-dessous), le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, a réitéré dans un entretien accordé au Financial Times son opposition catégorique à une intervention massive de la BCE sur le marché obligataire pour enrayer l’envolée récente des taux italiens. «Ce à quoi nous faisons face en Italie est une crise aigue de confiance, et seul le gouvernement italien est en mesure de résoudre cette crise».
Mario Draghi avait en outre clairement précisé que le programme SMP était limité dans le temps et dans sa taille, mais les investisseurs espéraient une inflexion de sa position. «La hausse des rendements de la semaine dernière était un cri des investisseurs que lesdifficultés de l’Italie forcent la BCE à intervenir massivement comme la BoE ou la Fed» estime Joachim Fels, chef économiste chez Morgan Stanley.
Jens Weidmann ne s’est en revanche pas montré hostile à une poursuite de l’assouplissement monétaire engagé par le nouveau président de la BCE lors de sa dernière réunion. Il se montre néanmoins inquiet quant à la volonté des gouvernements européens de faire contribuer le secteur privé au sauvetage de la Grèce (PSI). «Cela entrainera plus de contagion et non un endiguement de la crise car ce sera perçu comme un exemple potentiel à suivre par d’autres pays».
La chancelière allemande compte profiter du congrès de son parti, la CDU, qui se tient pour deux jours à Leipzig, pour faire avancer l’intégration européenne afin de rassurer les investisseurs. «Je crois que c’est important pour les investisseurs obligataires» a indiqué Angela Merkel à la chaîne de télévision ZDF. «Sinon, les gens penseront que nous ne pouvons pas régler nos problèmes».
« Il faut doter la gouvernance politique de l’euro d’un instrument pour interférer dans la souveraineté budgétaire d’un pays membre qui agit de façon permanente contre l’intérêt commun, à savoir d’un commissaire européen au budget », précise à La Tribune Andreas Schockenhoff, vice-président du groupe parlementaire chrétien-démocrate. Selon l’hebdomadaire Der Spiegel, Berlin se préparerait à l'éventualité d’un refus du nouveau gouvernement grec de conduire le programme d'économies auquel le pays s’est engagé vis-à-vis de ses partenaires, et ainsi à sa sortie de l’euro.
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