L’Allemagne emprunte à taux toujours plus négatifs
Dans le contexte incertain entourant la zone euro, les
investisseurs portaient, ce lundi en début de journée, un regard particulièrement attentif à une
adjudication de dette à court terme en Italie. Mais c’est finalement l’émission
de bons du trésor allemands qui retient l’attention. L’Allemagne a émis 4
milliards d’euros de Bubills (titres de dette à court terme) à 6 mois à un taux
négatif record de -0,0499%, signe de l’inquiétude persistante des opérateurs. Ces derniers veulent à tout prix être investis dans une valeur considérée comme
refuge quitte à perdre un peu d’argent.
Lors de la dernière adjudication de
Bubills, début juillet, sur cette maturité le taux était déjà ressorti négatif à -0,0344%. Les
échéances à 1 an et 2 ans se traitaient également sur la base de rendement
en-dessous de zéro lors des précédentes opérations. La dernière émission à 12
mois, le 23 juillet dernier, avait été adjugée à -0,054% et celle de Schatz à 2
ans, le 18 juillet, à -0,06%. La France
a également émis, ce lundi, de la dette court terme à des taux négatifs. Si les
1,5 milliard d’euros de BFT (bons du Trésor à taux fixe et à intérêt précompté)
à 12 mois ont été émis à 0% (contre -0,06% la semaine dernière) ceux à 3 et 6
mois (respectivement 4 et 1,7 milliards) ont été placés à -0,016 et -0,01%.
En revanche l’Italie a dû consentir un taux plus élevé qu’en
juillet lors de l’adjudication de BOT (bons du trésor à court terme) à 12 mois
après les tensions enregistrées en fin de semaine dernière. Ces titres ont été
placés avec un rendement moyen de 2,767%, contre 2,697% lors de la dernière
adjudication de dette à 1 an le 12 juillet. La partie courte de la courbe des taux de l’Italie et de l’Espagne avait bénéficié ces dernières semaines de la promesse de Mario Draghi, le patron
de la banque centrale, de la mise en oeuvre d’un programme de rachats
d’obligations sur ces maturités, entraînant une forte détente des taux. Mais
vendredi, la courbe avait repris sa pente ascendante sur les doutes entourant la
capacité de la BCE
(Banque centrale européenne) à résoudre les problèmes posés par ces deux
économies. A cela s’ajoutait la faible liquidité du marché dans cette période
estivale qui engendre une plus importante volatilité. Ce lundi, les rendements
à 2 ans italien et espagnol continuaient de se tendre à 3,411 et 4,056%,
respectivement. Les taux allemand et français se situaient quant à eux à -0,047
et 0,158%.
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