L’aide aux banques continue de peser sur les comptes publics en zone euro
Le soutien a atteint 28 milliards d’euros en 2013. L’Irlande, l’Espagne, la Grèce, et dans une moindre mesure l’Italie, restent très exposées au risque bancaire
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Florence Autret, à Bruxelles
La Commission européenne s’est livrée mercredi à des contorsions statistiques pour permettre à Athènes d’afficher un excédent primaire. Il faut dire que l’an dernier encore, les aides au secteur financier ont miné les comptes grecs. Le déficit grec passe ainsi de 12,7% à 3,2% quand on lui soustrait l’effort consenti pour les banques, et à un excédent de 0,8% une fois déduits quelques autres «éléments particuliers» et les intérêts de la dette.
Dans le reste de la zone euro aussi, l’impact des aides aux banques sur les comptes publics reste considérable. Les dépenses publiques destinées à ce soutien atteignaient encore 28,4 milliards d’euros en 2013, soit à peu près la moitié de 2012 et 0,3% du PIB. Outre la Slovénie, qui a engrangé plus de 10 points de déficit de ce fait, c’est l’Espagne qui, dans la zone euro, a continué de loin à consacrer le plus de moyens à «réparer» ses banques: 3,7% de PIB en 2013.
Si ces dépenses ont tendance à décroître, l’exposition des Etats au secteur bancaire reste colossale, soulignant le lien persistant entre risques souverain et bancaire. Elle s’élève selon Eurostat à 3% de l’actif et 5% du passif des administrations publiques. Côté engagements, l’Espagne, avec 7% du PIB, l’Irlande à plus de 29%, et la Grèce, à 23%, sont les plus touchées.
Encore ces données ne couvrent-elles pas les garanties ou encore les prêts accordés au titre des programmes de soutien à la liquidité. Ces «engagements contingents» n’entrent pas dans le calcul de la dette selon la méthode d’Eurostat. Or ils atteignaient encore 5% de PIB en 2013, soit 500 milliards d’euros, avec des situations très variables selon les pays: 10 points de PIB en Espagne, 8 en Allemagne, 5 en Italie, moins de 4 en France mais plus de 40 en Irlande. Dans le cas de l’Irlande en particulier, ces engagements correspondant à une «dette supplémentaire potentielle», estime Alan Lemangnen, économiste chez Natixis. «Au-delà de la nécessité de l’union bancaire, cela révèle l’importance qu’aura le fonds de résolution» qui sera chargé de garantir les prêts aux banques pendant leur restructuration.
La Commission publiera vendredi ses projections pour les dettes publiques. Elle devrait constater à nouveau que l’effet cumulé de la charge des intérêts et des soutiens au secteur financier annule dans la plupart des pays les effets positifs des excédents primaires sur le stock des dettes.
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