L’aggravation de la crise rend le plan d'échange de dette grecque plus intéressant
C’est l’un des paradoxes de la crise grecque. «Plus l’hypothèse d’un défaut important fait son chemin, plus le plan d’échange de dette devient intéressant pour les créanciers de la Grèce», note un banquier. Annoncé le 21 juillet, le PSI (private sector involvement), qui prévoit d’échanger les obligations grecques arrivant à maturité d’ici à 2020 contre de nouveaux titres, suivant quatre options, pourrait ainsi avoir des chances d’approcher les 90% de réponses positives souhaitées. La presse grecque évoquait hier un taux de participation de créanciers privés de 85%. Il ne s’agit encore que de déclarations d’intention, car l’offre officielle n’a pas été lancée.
Avec la chute de cet été, les titres grecs concernés par l’échange se traitent aujourd’hui en moyenne aux alentours de 40% de leur valeur nominale. C’est moins que les nouveaux titres qui seront issus du PSI. Sous la première option, par exemple, les investisseurs recevront des obligations à 30 ans, d’un nominal de 100, garanties par des titres AAA, et assorties d’un coupon assez faible pour que leur valeur actualisée soit de 79% en prenant un taux d’actualisation de 9%. Les créanciers ne sont donc exposés au risque grec qu’à travers leurs coupons futurs.
Pour les stratégistes de BoA Merrill, qui se basent sur la courbe grecque observée, la valeur implicite de ces nouveaux titres est de 59% du pair. «On pourrait appliquer une décote de 40% au lieu de 21% sur les emprunt d’Etat grecs», résume un banquier. «Si les taux restent à ce niveau, les nouvelles obligations auraient une ‘fair value’ supérieure à celle des emprunts d’Etat existants de maturité 1 an ou plus», note BoA Merrill.
Pourquoi un tel écart? Parce qu’en cas d’échec du PSI, les marchés anticipent un défaut plus ou moins ordonné. Et même si l'échange est un succès, «une nouvelle restructuration n’est pas à exclure», souligne BarCap. L’idée aurait été évoquée lors des rencontres du FMI ce week-end à Washington.
Les économistes de JPMorgan, eux, estiment qu’une fois le PSI bouclé, une deuxième restructuration de dette pourrait avoir lieu au printemps 2012. Elle toucherait les titres qui n’ont pas été apportés à l’offre d’échange, et ceux de maturité supérieure à 2020 qui n’y étaient pas éligibles. Restructurer les obligations émises à l’issue du PSI serait en revanche délicat, car ces titres seront soumis au droit anglais, plus protecteur pour les créanciers.
Plus d'articles du même thème
-
Le Royaume-Uni va durcir les règles applicables aux fonds monétaires
Le gouvernement britannique introduira de nouvelles orientations pour les fonds monétaires afin de répondre aux demandes de rachats en période de stress. Une nouvelle législation dont les spécificités techniques seront prochainement apportées par la Financial Conduct Authority, le régulateur local. -
Schroders pourrait se séparer de sa filiale en Chine
Le gestionnaire d’actifs britannique avait obtenu l’autorisation de Pékin pour lancer cette filiale en 2023. -
Les taux américains atteignent leur plus haut niveau depuis un an
Les marchés ont signifié leur déception vendredi après la visite à Pékin du président américain Donald Trump, dont ils espéraient une issue au blocage du détroit d’Ormuz. Entre la hausse des cours du pétrole et les possibles réactions des banques centrales, ou le risque de coûts budgétaires pour les Trésors aux Etats-Unis comme dans de nombreux autres pays, les taux ont grimpé à des plus hauts depuis un an. -
Federated Hermes s’adjoint un responsable des opportunités de crédit européennes
Il s’agit de Carlos Gross, un ancien d’Alcentra. -
PAI Partners et EQT cèdent World Freight Company à Brookfield
Le spécialiste français de la commercialisation de capacités de fret aérien change de mains sur la base d'une valorisation de 1,2 milliard de dollars, en retrait par rapport aux ambitions initiales d'au moins 1,5 milliard. -
Brookfield collecte 67 milliards de dollars depuis le début de l’année
Le gestionnaire alternatif canadien a également annoncé la fusion entre Brookfield Corporation et son activité d’assurance.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- Indosuez Wealth Management se lance à son tour sur le segment des ETF
- Bruxelles poursuit l'assouplissement des exigences ESG
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Bertrand Merveille : «BDL Capital pourrait battre cette année ses records d'encours et de collecte»
- Emergence accueille cinq nouveaux investisseurs institutionnels
Contenu de nos partenaires
-
Changement d'èreAu sommet de la Fed, Kevin Warsh sur une ligne de crête, coincé entre Trump et réalité économique
Choisi par Donald Trump, qui souhaite infléchir les taux directeurs malgré l’envol de l’inflation, le nouveau patron de la banque centrale américaine disposera de marges de manœuvre restreintes -
PansementImmobilier : le gouvernement cherche la parade pour lutter contre les squats
Le projet de loi Ripost du ministre de l’Intérieur, en discussion la semaine prochaine au Sénat, veut combler le vide juridique concernant les squats dans les locations touristiques. Un bon début -
Pénuries de médicaments : l'UE en passe d'adopter une nouvelle loi pour réduire sa dépendance à l'Asie
Un accord a été scellé cette semaine pour garantir l'accès aux médicaments les plus vitaux. Le texte veut inciter les entreprises à produire en Europe pour contourner les problèmes de fabrication à l'étranger, qui génèrent la moitié des pénuries