L’Afrique accroît son recours aux marchés internationaux de la dette
L’Afrique se tourne vers l’extérieur pour assurer ses besoins de financement. Les émissions d’obligations souveraines en devises étrangères réalisées par les pays africains se sont envolées depuis le début de l’année pour atteindre plus de 8,7 milliards de dollars en 8 opérations, contre près de 11 milliards en 11 opérations sur l’ensemble de l’année 2013, 6 milliards sur 2012 et 2,2 milliards en 2011, selon les données fournies par Dealogic.
Si l’Ouganda refuse toujours de s’ouvrir aux marchés internationaux, le nombre de pays africains notés par S&P a doublé depuis début 2008 pour atteindre 20. Parmi eux, un seul bénéficie néanmoins d’une notation située en catégorie «A» (le Botswana) et deux en «BBB» (l’Afrique du Sud et le Maroc), les dix-sept autres étant notés en catégorie spéculative, avec trois «BB» et quatorze «B». En revanche, 16 des 20 notes bénéficient d’une perspective stable, ce qui semble leur garantir un statu quo dans les prochains mois.
Seul le Ghana, noté «B» avec une perspective négative, risque de changer de catégorie pour basculer en «CCC». Le pays a pourtant été le dernier émetteur africain à venir sur le marché primaire en émettant pour un milliard de dollars d’obligations à 10 ans. Le taux de 8,25% consenti par le pays est néanmoins relativement élevé si on le compare au rendement moyen des obligations souveraines africaines estimé à 5,08% par JPMorgan.
Sur les seuls mois de juin et juillet, cinq pays différents l’ont précédé avec succès. L’émission de 500 millions de dollars à 10 ans réalisée fin juillet par le Sénégal, noté «B+», a attiré un carnet d’ordres de 4 milliards pour un coupon consenti de 6,25%, celle de 750 millions à 10 ans réalisée plus tôt par la Côte-d’Ivoire a réuni 5 milliards d’ordres pour un coupon de 5,625%. Le Kenya, noté «B+», avait lui attiré en juin une demande record pour un pays africain de 6 milliards d’euros pour son émission libellée en monnaie unique de 1,5 milliard.
Mais les risques associés à la dette africaine demeurent élevés. La Zambie a ainsi concédé, lors de sa dernière émission en euros à 10 ans réalisée en avril dernier, un taux de 8,5% supérieur de 312,5 pb à celui d’une émission de caractéristiques similaires réalisée 19 mois auparavant seulement, en septembre 2012. S&P constate que le taux de défaut des pays africains en catégorie «B» atteint 20% sept ans après l'émission de leur titres.
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