L’AFG déplore le faible appétit des Français pour les placements financiers

Le bilan annuel de l’association pointe en 2014 une décollecte de 8,6 milliards d’euros sur les OPCVM de droits français spécialisés dans les actions.
Julien Beauvieux

A l’instar de l’étude annuelle réalisée par Europerformance, le bilan 2014 présenté mercredi par l’Association française de la gestion financière (AFG) n’est guère optimiste. Si les encours de fonds de droits français ont progressé l’an dernier de 2,7%, à 1.583 milliard d’euros, cette hausse traduit essentiellement un effet marché positif, qui masque les difficultés de la profession à capter l’épargne domestique.

«Le taux d’épargne national se maintient entre 15% et 16%, mais le taux de placement financier demeure très faible», déplore Pierre Bollon, le délégué général de l’AFD. Selon la Banque de France, les flux de placements financiers ont atteint 54 milliards d’euros à fin septembre 2014, contre 74,8 milliards en 2013 et plus de 100 milliards en 2011. «La collecte en assurance-vie a été un peu plus forte mais les titres en direct et les OPCVM ont continué à décollecter», constate-t-il.

Les sorties sur les fonds de droit français ont totalisé 23,2 milliards d’euros, du fait des retraits massifs enregistrés par les fonds monétaires (-29,5 milliards d’euros), pénalisés par des performances nulles, voire négatives. Si les produits obligataires (+17,8 milliards d’euros) ont profité d’un effet de report, notamment de la part des trésoriers d’entreprise, et d’un retour de l’aversion pour le risque, les fonds actions ont en revanche décollecté de 8,6 milliards d’euros.

Face à un marché domestique morose, où les grandes compagnies d’assurance peinent à retrouver leur rôle d’investisseur actions en raison des contraintes liées à Solvabilité 2, l’AFG a cependant noté le dynamisme des encours de fonds étrangers gérés en France et des mandats, qui ont ensemble progressé de 4,2%, à 1.644 milliards d’euros. «La croissance vient de l’étranger et les sociétés de gestion qui se sont tournées vers l’international ont tiré leur épingle du jeu», remarque Pierre Bollon.

La présentation a également été l’occasion pour l’AFG de pointer le «danger mortel» pour la gestion française du projet européen de TTF. L’association, qui participera ce jeudi à la présentation du Livre Blanc sur l’innovation dans la gestion d’actifs, a en revanche salué le «bon signal» envoyé par les dispositions incluses dans le projet de loi Macron concernant l’épargne salariale. «Il faut que la fiscalité favorise l’épargne longue et risquée et non l’épargne à court terme», a martelé Pierre Bollon.

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