Le billet vert a chuté à 1,393 contre euro, malgré des indicateurs suggérant un rebond de l’activité après le trou d’air de début d’année
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Patrick Aussannaire
Le dollar surprend par sa faiblesse. Le billet vert est tombé à 1,3926 contre euro hier, et se rapproche ainsi du seuil de 1,3934 qui le ramènerait à son plus faible niveau depuis octobre 2011. Il n’a ainsi profité ni des bons chiffres de l’emploi, ni de la hausse plus forte que prévu de l’indice ISM non manufacturier sur le mois d’avril qui semblent pourtant indiquer un rebond de l’économie américaine après le trou d’air constaté au premier trimestre.
Le billet vert a subi un dépréciation progressive de 2% sur un mois, de 3,5% depuis trois mois et de 9% depuis juillet 2013 qui s’inscrit dans un contexte de faible volatilité. La volatilité implicite à 3 mois de l’euro-dollar a chuté de 3,7 points depuis juin 2013 pour passer sous le seuil des 6% à seulement 5,6%, soit son plus faible niveau depuis l’été 2007. «Ce qui traduit l’absence de visibilité du marché sur l’évolution probable de l’euro-dollar à court terme», selon Natixis.
Cette tendance n’est pas spécifique à l’euro, qui bénéficie d’un excédent courant des pays de la zone de 248 milliards d’euros sur les douze mois achevés fin février ainsi que de l’amélioration des flux de portefeuille, à hauteur de 137 milliards sur douze mois et de 44 milliards sur les seuls mois de janvier et février. A 79,2, l’indice dollar DXY contre les principales devises est ainsi proche de son point bas d’octobre 2013, et inférieur de 2,5 points à sa moyenne de long terme.
Le marché est même passé vendeur net de dollar sur les deux semaines précédent la publication du rapport sur l’emploi pour la première fois depuis six mois à hauteur de 2,3 milliards de dollars, selon les positions spéculatives agrégées de la CFTC. Pour l’heure, «le marché semble persuadé que le scénario monétaire de la Fed ne va pas changer, avec une première hausse des taux Fed funds pas avant juin 2015», estime Natixis.
Le taux américain à 10 ans est tombé hier à 2,57%, alors que les taux courts restent proches de zéro en nominal et négatifs en termes réels. «L’absence de réaction des taux américains ainsi que du dollar suggère que la corrélation entre les données économiques et financières aux Etats-Unis est de plus en plus faible», estime Natixis. Les marchés attendent des précisions de Janet Yellen aujourd’hui et demain dans son discours devant deux commissions du Sénat américain concernant les perspectives d’activité et l’orientation des taux Fed funds.
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