L’affaiblissement de l’activité en Inde met la RBI face à un dilemme
La croissance du PIB indien a ralenti à un rythme annuel de 5,3% au premier trimestre de l’année. Un niveau bien inférieur aux 6,1% enregistrés au trimestre précédent ainsi qu’au consensus Reuters qui tablait sur une stabilité de la croissance et qui marque la plus faible performance de l’activité du pays depuis plus de huit ans. Un an plus tôt, la croissance était de 9,2%. «Nous traversons une crise de faible croissance et d’inflation élevée qui est extrêmement inquiétante», reconnaît le secrétaire général de la Chambre de commerce et d’industrie indienne.
De quoi relancer les anticipations d’une nouvelle baisse des taux directeurs de la banque centrale (RBI) après celle de 50 pb le mois dernier qui a vu les taux ramenés à 8%. Le taux à 10 ans chutait de 13 pb hier à 8,39%. Mais les marges de manœuvre de la RBI sont limitées par la chute de la roupie qui aggrave les tensions sur les prix, avec une inflation qui a rebondi à 7,23%, et dégrade le déficit des comptes courants, à 4,3% du PIB. Sur les huit derniers mois, la roupie s’est dépréciée de 25% contre dollar pour toucher un plus bas historique de 56,38 la semaine dernière.
Le gouvernement a réagi en décidant de permettre aux investisseurs privés étrangers d’acheter jusqu’à un milliard de dollars d’obligations d’entreprises locales et de dette des fonds privés, en plus des 20 milliards déjà autorisés pour les investisseurs étrangers institutionnels. Les investisseurs étrangers en commerce de détail pourront également ouvrir des comptes en roupie dans les banques indiennes.
Une avancée significative alors que les scandales de corruption qui entachent le gouvernement ont cependant bloqué au Parlement depuis plus d’un an des réformes clés telles que l’ouverture du secteur de la distribution, ou le projet de loi visant à faciliter l’acquisition de terrains pour y développer des projets d’infrastructures.
Sur l’année fiscale achevée fin mars, l’Inde a enregistré une croissance de 6,5%, inférieure aux 6,9% prévus par le gouvernement. Le déficit budgétaire a atteint 5,9% du PIB, en ligne avec l’objectif révisé du gouvernement qui compte le réduire à 5,1% cette année. Or, «aussi longtemps que le déficit budgétaire demeurera inchangé, le gouvernement continuera à exercer des pressions sur le secteur privé et il sera difficile d’observer une reprise de la croissance des crédits au secteur privé», estime ING IM.
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