L’Afer se lance sur le segment controversé des contrats eurocroissance
Le segment controversé des contrats eurocroissance enregistre un nouvel arrivant. L’Afer a présenté jeudi sa version du nouveau véhicule, censé être le troisième pilier de l’assurance-vie aux côtés des contrats en euros et en unités de compte. Offrant des durées d’engagement comprises entre 10 et 40 ans, par palier d’un an, le nouveau contrat se singularise par un ticket d’entrée modéré de seulement 100 euros, ainsi qu’une garantie à terme sur 100% du capital.
«Nous avons estimé il y a près de deux ans, en concertation avec notre partenaire historique Aviva, que nous pouvions proposer [un produit] qui puisse combiner la sécurité de l’épargne [en euros], mais cette fois-ci à terme, à une exposition un peu plus soutenue au risque», a plaidé Gérard Bekerman, le président de l’association et du GIE Afer. Un dispositif qui, selon lui ,tient compte de la «pyramide des âges particulière à l’Afer». L’offre vise ainsi les moins de 65 ans disposant un produit monosupport en euros (environ 170.000 adhérents) pour compléter leur retraite.
Inauguré mi-octobre par Predica, filiale du groupe Crédit Agricole Assurances, le segment peine pourtant à convaincre la profession. Certains acteurs mettent en avant le mauvais timing du lancement du produit, composé d’une provision mathématique (PM) en euros sécurisée, et d’une provision technique de diversification (PTD), exprimée en parts et investie dans des actifs plus risqués. Or le contexte de taux très bas tend à survaloriser la première au détriment de la seconde, limitant l’attractivité du produit.
Dernier exemple en date, les courtiers de l’Afer ont saisi l’opportunité du lancement de son contrat pour envoyer une lettre ouverte au ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, estimant que le contrat eurocroissance ne répond pas «aux besoins de l’épargnant et à l’objectif de financement des entreprises». En outre, sa «mécanique incroyablement complexe», selon eux, immobilise l’épargne sur le long terme sans avantage fiscal spécifique.
En janvier dernier, la FFSA avait pour sa part indiqué que seul 35% du marché de l’assurance-vie commercialisait une offre de contrats eurocroissance, et espérait que cette part monte à 70% à la fin décembre. A la fin mai, les encours totalisaient 1,5 milliard d’euros, dont près des deux tiers provenaient du choix de BNP Paribas Cardif de convertir ses fonds diversifiés en fonds eurocroissance.
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