L’AFD surfe sur la vague des «obligations vertes»
L’Agence française de développement (AFD) lance aujourd’hui une émission d’obligations à 10 ans, notées «AA» et «AA+» par Standard & Poor’s et Fitch, qui devrait offrir un rendement supérieur de 15 points de base (pb) au niveau de l’OAT française de même maturité, qui cotait hier à 1,34%. Soit un coupon d’environ 1,5%.
A titre de comparaison, GDF Suez avait concédé en mai dernier un taux de 1,375% sur la tranche à 6 ans de son émission de «green bonds» et de 2,375% sur la tranche de maturité 12 ans. L’organisme français, qui a mandaté Bank of America Merrill Lynch, BNP Paribas, Crédit Agricole CIB et HSBC pour gérer cette opération, espère ainsi tirer un montant minimum de 500 millions d’euros.
Les fonds ainsi levés sur le marché obligataire seront destinées à financer des projets répondant à des critères stricts en termes de bénéfices climatiques. Si les investisseurs visés sont principalement européens (français, allemands, du Benelux et danois), l’engouement suscité par ce type d’émissions depuis quelques mois pourrait permettre à l’organisme d’élargir la base d’investisseurs hors des frontières de l’Europe. D’autant que les projets financés, qui bénéficieront du label de qualité indépendant fourni par Vigeo, seront à caractère international, l’AFD ayant un mandat prononcé en faveur notamment des pays émergents.
Les émissions labellisées «green bonds» se sont envolées pour atteindre 18,35 milliards de dollars sur les six premiers mois de cette année, alors qu’elles n’étaient encore que de 11 milliards sur l’ensemble de l’année 2013, selon les chiffres fournis par HSBC dans sa troisième étude sur le changement climatique. La banque estime que l’encours de ce marché devrait passer de 35 milliards aujourd’hui à 100 milliards de dollars l’année prochaine.
Au-delà du label «green bond», «nous estimons l’univers des obligations dédiées à des thématiques climatiques à 502,6 milliards de dollars. Il s’agit ainsi d’une expansion significative si l’on se réfère à l’estimation de 346 milliards de dollars réalisée en mars 2013», précise l’étude. L’univers se compose en outre de 1.900 titres issus de 280 émetteurs différents qui appartiennent à 71% au secteur des transports, à 15% au secteur énergétique et à 10% à l’industrie financière. Les émetteurs chinois sont les plus actifs avec 164 milliards de dollars de titres verts, suivis du Royaume-Uni (58 milliards), des Etats-Unis (51 milliards), et de la France (49 milliards).
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