L’activité économique dans la zone euro reste déprimée
La Banque centrale européenne (BCE) a rassuré les marchés en dévoilant son plan pour endiguer la hausse des taux souverains mais elle n’a pas encore réconforté les entreprises. Les résultats de l’enquête préliminaire de Markit auprès des sociétés, un bon indicateur avancé du PIB, témoignent en septembre de la plus forte contraction de l’activité économique dans la zone depuis avril 2009 en dépit d’un moindre ralentissement en Allemagne.
Ainsi, l’indice PMI Flash composite s’est inscrit à 45,9 en septembre alors qu’il était déjà largement dans le rouge à 46,3 en août. Pour le chef économiste de Markit, Chris Williamson, «la région semble donc replonger dans une récession technique» et la baisse du PIB au troisième trimestre devrait être de 0,6%. «Alors que nous espérions un regain de confiance des entreprises après l’annonce d’une intervention de la BCE (…) c’est un renforcement du pessimisme que l’on observe au cours de la dernière période d’enquête».
Dans le détail, l’indice Flash de l’activité dans le secteur des services passe de 47,2 en août à 46 en septembre. L’indice de la production manufacturière repasse quant à lui de 44,4 en août à 45,5 ce mois-ci. Pour Markit, «le renforcement du taux de contraction de l’activité globale reflète une accélération du repli des nouvelles affaires». L’emploi continue de reculer, particulièrement dans le secteur des services, confronté à une faible demande.
Tous les pays européens ne sont pas logés à la même enseigne. La bonne nouvelle vient de l’Allemagne, où l’activité semble se contracter très légèrement en septembre par rapport au mois précédent. L’indice composite de l’activité est à 49,7 contre 47, soit un point haut depuis 5 mois. Si, d’après les premières estimations, la production manufacturière est toujours en repli (à 47,8), l’activité des services se maintiendrait à 50,6. Toutefois, les analystes de Markit sont prudents, les entreprises allemandes n’ont pas vraiment lancé de nouvelles affaires.
Les entreprises françaises sont bien plus déprimées. Pour l’économiste d’UniCredit, Marco Valli, la récession devrait se prolonger au dernier trimestre de l’année. En revanche, il estime que «les conditions restent en place pour que la croissance reprenne au début de l’année prochaine. Les politiques budgétaires devraient être moins pesantes et l’apaisement des tensions sur les marchés financiers devrait durer».
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