Lâchée par la BCE, la Grèce fait tout pour garder le soutien de ses partenaires
La Grèce est au pied du mur. Le ministre des Finances, George Papaconstantinou, a déclaré hier que le pays ne sera pas en mesure d’honorer ses obligations financières s’il ne reçoit pas la prochaine tranche d’aide de 12 milliards d’euros du FMI et de l’UE. Or, il a précisé que «le FMI a clairement fait comprendre qu’il ne versera pas (la tranche d’aide) s’il n’a pas la garantie que l’année prochaine, en cas de besoin, la Grèce trouvera un soutien financier auprès des européens».
Or, ce week-end, le ministre français de l’économie, Christine Lagarde, avait été très claire dans le journal autrichien Der Standard. «Soit la Grèce fournit des résultats, ensuite nous pouvons imaginer des aides supplémentaires. Dans le cas contraire se pose la question de savoir dans quelle mesure la Grèce est prête à jouer le jeu pour son propre plan de sauvetage». Et la chancelière allemande, Angela Merkel, d’estimer la semaine dernière qu'«il faudrait que dans des pays comme la Grèce, l’Espagne, le Portugal on ne parte pas à la retraite plus tôt qu’en Allemagne, que tous fassent un peu les mêmes efforts, c’est important».
Dans ce contexte, le gouvernement grec a accéléré hier son programme de privatisations qui devrait rapporter 5,5 milliards d’euros sur 6,4 milliards nécessaires pour ramener le déficit public de 10,5% à 7,5% du PIB d’ici la fin de l’année. Un fonds souverain sera créé pour encadrer et accélérer le processus de privatisations. L’Etat va ainsi réduire sa participation de 10% dans OTE Telecom et de 34% dans l’Hellenic Postbank d’ici la fin de l’année, et procèdera à la cession immédiate des 74% détenus dans les ports du Pirée et de Thessalonique. L’objectif fixé par le FMI et l’UE est de lever 50 milliards d’ici 2015 grâce au programme de privatisation.
Le taux à 10 ans grec a progressé de 46 points de nase (bp) à 17% et le 2 ans de 79 bp à 26,25%. «Les spreads de CDS sur les papiers à 5 ans pricent un défaut grec avec une probabilité de 70%» estime Natixis. De plus, la Grèce ne peut pas compter sur le soutien de la BCE qui estime que le marché ne se contenterait pas d’une restructuration douce et demanderait très rapidement des «haircuts» proches de ceux anticipés actuellement. La BCE qui détient 45 milliards d’euros de dette grecque, menace de ne pas accepter les papiers grecs restructurés en collatéral pour les opérations de refinancement.
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