L’accord avec l’Iran promet une pression à la baisse sur les prix du pétrole
Les prix du pétrole devraient connaître une nouvelle source de pression à la baisse dans les mois qui viennent. L’accord-cadre historique trouvé le 2 avril à Lausanne entre Téhéran et le groupe des «5+1» (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) au sujet du nucléaire iranien, ouvre la voie à une reprise à pleine puissance des exportations de brut du pays sur le marché mondial. Les prix de l’or noir ont d’ailleurs décroché dès l’annonce de l’accord jeudi dernier, avec un recul immédiat de 3,77% du Brent sous les 55 dollars et de 1,9% du WTI américain à 49,1 dollars.
La route reste longue avant la levée complète des sanctions occidentales à l’encontre de Téhéran, d’autant que le Congrès américain a déjà donné de la voix. Le texte publié le 2 avril par la Maison Blanche fixe les paramètres clés d’un accord définitif envisagé d’ici au 30 juin, et qui devra être endossé par le Conseil de sécurité de l’ONU. Réduction du nombre de centrifugeuses et du stock d’uranium enrichi, gel de la construction de nouvelles installations pendant quinze ans: si les engagements pris ne sont pas respectés, sous contrôle de l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), les sanctions seront maintenues.
Avant leur mise en œuvre, la production de pétrole en Iran atteignait encore 3,6 millions de barils par jour (mbj) début 2011, dont 2,7 millions étaient exportés. Depuis, la production a décliné à 2,5 mbj, et les exportations ont été plafonnées à un million.
Le retour à pleine capacité du pétrole iranien sur le marché mondial exercera donc une pression à la baisse sur les prix. «L’Iran a l’intention d’apporter 1 million de barils par jour supplémentaires sur un marché international où la suroffre atteint déjà 2 mbj», note Hassan Raza, analyste chez Elixir Securities.
Tout dépendra ensuite du rythme d’accroissement de la production et des exportations. Selon l’Agence internationale de l’énergie, il faudrait 3 mois à Téhéran, une fois les sanctions levées, pour retrouver sa pleine capacité. Ce qui semble optimiste aux yeux de beaucoup d’analystes compte tenu du mauvais entretien des installations.
«Au-delà des considérations psychologiques, le brut iranien ne deviendra pas un problème majeur pour les marchés du pétrole, d’un point de vue fondamental, avant fin 2015, ou plus probablement 2016», estime Michael Wittner, analyste chez SG CIB.
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