L’accélération de l’activité en zone euro profite peu à la France
L’activité du secteur privé a débuté 2014 sur un rythme plus élevé que prévu en zone euro selon les résultats préliminaires des enquêtes mensuelles Markit auprès des directeurs d’achat, publiées ce jeudi. A la traîne, la France affiche encore un indice synonyme de contraction.
En zone euro, l’indice PMI composite a atteint 53,2 en janvier contre 52,1 en décembre, dépassant le consensus établi par Reuters qui était de 52,4. L’indice s’installe ainsi nettement au-dessus de la barre de 50 marquant la frontière entre contraction et croissance et il est à son plus haut depuis la mi-2011. L’indice du secteur des services a progressé à 51,9 contre 51, à comparer à un consensus de 51,4, et celui du secteur manufacturier a atteint 53,9, un plus haut de 32 mois, contre 52,7 en décembre.
«Tandis que l’Allemagne, et plus particulièrement son secteur manufacturier en plein essor, mène l’expansion de la zone euro, la France pourrait continuer à freiner la reprise de la région au cours des mois à venir», a affirmé Chris Williamson chef économiste chez Markit. Le secteur privé allemand a connu en janvier sa plus forte croissance depuis juin 2011, à la faveur d’une hausse des commandes. L’indice PMI composite a atteint 55,9 dans sa version préliminaire pour ce mois-ci, contre 55 en décembre, dépassant pour le neuvième mois consécutif la barre de 50.
L’indice du secteur manufacturier allemand a grimpé à un plus haut depuis mai 2011 de 56,3, contre 54,3 en décembre, marquant un septième trimestre consécutif de croissance et dépassant nettement le consensus Reuters (54,6). Dans les services, l’indice a progressé légèrement à 53,6 contre 53,5, sans atteindre le consensus qui était à 54. «L'économie allemande a entamé 2014 avec une nouvelle accélération de la croissance, tirée par le secteur manufacturier», selon Chris Williamson. Les économistes prévoient en moyenne une croissance de 1,7% en Allemagne cette année, après +0,4% en 2013.
En France en revanche, l’activité dans le secteur privé s’est à nouveau contractée en janvier, bien qu'à un rythme plus modéré que les mois précédents et que ne l’anticipaient les économistes. Selon les premières estimations publiées jeudi par Markit, l’indice PMI composite s’est inscrit à 48,5 contre 47,3 en décembre, après être repassé en novembre sous la barre des 50.
L’indice du secteur des services est ressorti à 48,6, après 47,8 en décembre. Celui du secteur manufacturier a progressé encore plus nettement après son trou d’air de fin d’année 2013 pour atteindre 48,8 contre 47 en décembre. Pour Chris Williamson, les chefs d’entreprises français restent inquiets pour les mois à venir. «Ils s’inquiètent de la situation politique, du manque de réformes et des moyens par lesquels le gouvernement veut relancer l'économie», estime t-il.
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