L’accélération de l’activité américaine accroît la pression sur la Fed
La solidité de la reprise américaine se confirme. La troisième estimation du PIB au troisième trimestre a révélé un rythme de croissance annualisé aux Etats-Unis de 5%, le plus élevé depuis 2003 et nettement plus fort qu’attendu, après les 4,6% observés au trimestre précédent. La révision cumulée atteint 1,5 point du fait d’une accélération de la consommation privée à 3,2%, apportant à elle seule une contribution positive à la croissance de 2,2 points. Malgré l’appréciation du dollar, de 7,7% sur le trimestre selon l’indice DXY pondéré par les échanges, les exportations ont progressé de 4,5%, avec une contribution positive du commerce extérieur de 0,8 point.
L’acquis de croissance se montait ainsi à 2,25% fin septembre, un niveau en ligne avec les 2,3% à 2,4% anticipés par la Fed à sa dernière estimation pour cette année, avant une accélération prévue à un rythme compris entre 2,6% et 3% en 2015. «La solide performance du marché de l’emploi devrait se traduire par une nouvelle progression des revenus, et ainsi soutenir les dépenses des ménages, avec la hausse du pouvoir d’achat générée par la baisse du prix du pétrole», estime BNP Paribas. Les dernières déclarations de membres du FOMC semblent d’ailleurs converger vers un début de normalisation monétaire mi-2015.
Dans ce contexte, le rendement des Treasuries à 2 ans s’est tendu de 42 pb depuis mi-octobre pour atteindre 0,73% hier, son plus haut niveau depuis avril 2011, avec un spread 2-10 ans au plus bas depuis avril 2013, à 146 pb. Un niveau supérieur de seulement 24 pb à celui qui prévalait en juillet 2012, juste avant le lancement du QE3 de la Fed. Parallèlement, les contrats Fed funds septembre 2015 ont corrigé de 43 pb depuis le début du mois et anticipent désormais avec certitude une hausse des taux directeurs d’au moins 25 pb à cette échéance.
Seule la baisse de l’inflation semble freiner le FOMC. L’indice PCE sous-jacent a reculé à 1,4% le mois dernier, et la Fed ne le voit plus qu’à un niveau compris entre 1% et 1,6% l’an prochain, bien en-dessous de son objectif de 2%. En outre, le taux de swap inflation 5 ans dans 5 ans a chuté de 56 bp depuis juillet à 2,35%, son plus faible niveau depuis novembre 2008. Une baisse qui semble néanmoins largement découler de la baisse des prix du pétrole, selon Natixis. A l’inverse, «quelles que soient les évolutions des marchés du travail, il ne peut pas y avoir retour de l’inflation», estime la banque.
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