L’absence de candidats européens pour Dexia AM semble couler de source
Dexia Asset Management (AM) devrait bien quitter le giron de sa maison mère. Si l’on en croit les déclarations de Pierre Mariani, l’administrateur délégué de la banque Dexia, dans Les Echos d’hier, le nom de l’heureux élu sera connu rapidement: «L’envoi des offres contraignantes est prévu pour la mi-juin et notre choix final sera fait avant le mois de juillet».
Dexia AM, qui gérait 79,3 milliards d’euros d’actifs au 31 mars dernier, ne manquerait pas de prétendants. «Nous avons eu une quarantaine de manifestations d’intérêt, une vingtaine d’offres non contraignantes, et désigné six participants», a précisé Pierre Mariani. Aucun nom n’a été cité. Des rumeurs ont fait notamment état de marques d’intérêt de fonds d’investissement: si CVC Capital Partners et Advent International se seraient finalement retirés, les noms de Permira et Bain Capital circulent encore, comme celui de la banque australienne Macquarie.
Une offre de celle-ci serait logique: «Une part importante de la valeur de Dexia AM est réalisée en Australie à travers Ausbil Dexia», affirme un banquier d’affaires. Cette joint-venture gère environ 11 milliards de dollars américains d’actifs (8,8 milliards d’euros).
En revanche, note-t-il, aucune proposition n’émanerait d’un acteur européen – à l’instar de ce qui s’est passé pour la filiale luxembourgeoise BIL (acquise par les qataris de Precision Capital) et pour la filiale turque DenizBank (Dexia est en négociations exclusives avec le russe Sberbank).
Cet état de fait n’étonne pas la communauté financière. «Dexia veut obtenir une offre en cash, ce dont manquent actuellement les banques et gérants européens», indique un banquier d’affaires couvrant le secteur. «Dexia AM est une grosse pièce à avaler, rappelle un concurrent, alors que les banques cherchent plutôt à sortir du métier (Barclays, Deutsche Bank, Rabobank…). En revanche, c’est une cible de choix pour des acteurs américains ou asiatiques. L’Europe leur est toujours restée difficile d’accès».
Dans ce registre, la position des dirigeants de Dexia AM devrait fortement peser. Or, ils ne favorisent pas une solution européenne, qui impliquerait des redondances et une absence d’autonomie. «La vente ne s’oriente pas vers une solution de type Amundi», dans laquelle la gestion de la Société Générale s’est diluée dans celle, beaucoup plus grosse, du Crédit Agricole, explique l’un d’eux à L’Agefi.
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