La zone euro verra son activité baisser au quatrième trimestre

Tiré par l’Allemagne, le PIB de la zone a progressé de 0,2 % au troisième trimestre. Mais il se contractera à la fin de l’année, même dans les pays cœur
Violaine Le Gall

La crise de la dette de la zone euro et les mesures d’austérité prises dans de nombreux pays risquent fort de faire basculer l’activité de la zone euro dans le rouge dès le quatrième trimestre. UniCredit et ING s’attendent à une contraction de 0,2% et de 0,3% de l’activité respectivement sur la période. Les mauvais résultats des enquêtes sur le climat des affaires ont déjà annoncé ce retournement. L’indice PMI des directeurs d’achat publié par Markit a atteint en octobre son plus bas niveau depuis juin 2009. Celui du mois de novembre, qui sera publié le 23 novembre, devrait confirmer la rechute. Le repli ne sera pas limité aux pays périphériques endettés au quatrième trimestre, contrairement à ce qui a encore été observé au troisième trimestre.

Le rebond de l’activité en juillet et en août a permis une croissance de 0,2% du PIB de la zone euro dans son ensemble, d’après la publication d’Eurostat d’hier. L’Allemagne est restée la locomotive de la région avec une croissance de 0,5%, supérieure aux attentes. En France, le PIB a progressé de 0,4%, mais il a été révisé en baisse, à -0,1% au deuxième trimestre. L’activité en Autriche a également continué d’avancer.

Dans le reste de la zone euro en revanche, la conjoncture s’est déjà dégradée. L’activité a stagné en Espagne et en Belgique et elle s’est repliée au Portugal et aux Pays-Bas. L'évolution du PIB italien ne sera connue qu’en décembre. «Si les données officielles confirment la contraction de l’activité signalée par l’indice PMI au troisième trimestre, l’Italie semble en passe de devenir la première grande nation européenne à retomber en récession (deux trimestres consécutifs de baisse du PIB) d’ici la fin de l’année», prévient Chris Williamson, chef économiste de Markit.

La récession menace aussi l’ensemble de la zone euro. «Au-delà du quatrième trimestre, l’avenir se trouve largement entre les mains des politiques. Afin d'éviter un retour en récession, il apparaît qu’une action rapide est nécessaire pour régler la crise de la dette et pour renforcer la confiance des entreprises et des ménages dans les perspectives à long terme de la zone», ajoute Chris Williamson. Le scénario d’une récession est en revanche écarté par UniCredit, qui ne voit pas dans le repli de fin d’année le début d’une récession profonde, et par la Commission européenne, qui anticipe plutôt une stagnation prolongée.

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