La zone euro mieux armée pour redresser la croissance économique
La deuxième opération de refinancement effectuée ce mercredi 29 février par la Banque centrale européenne (BCE) a atteint la somme considérable de 529,5 milliards d’euros, au-dessus des attentes des analystes et supérieure à la première en date du 21 décembre 2011 (489 milliards d’euros). La BCE exprime avec clarté qu’elle reste déterminée à utiliserau maximum la marge de manœuvre, pourtant assez étroite comparé à liberté d’action de la Fed ou à celle de la Banque d’Angleterre, que lui laissent les traités européens.
Les banques ont, de leur côté, fait la démonstration de l’ampleur de leurs besoins d’oxygène: 800 d’entre elles se sont ruées au guichet de la BCE contre 523 en décembre. C’est dire s’il est urgent de dissiper le climat de défiance qui règne encore alors que persiste la crise de la dette souveraine en zone euro.
Le premier bienfait qui peut résulter de cette nouvelle intervention concerne bien sûr le marché interbancaire, gelé depuis fin 2011. Les tensions qu’a connu ce marché devraient continuer à s’atténuer au fur et à mesure que la défiance réciproque liée au risque de portefeuille des établissements se dissipera. Les craintes de faillite de banques européennes,dont les bilans sont grevés dedettes souveraines émises par des membres de la zone euro,devraient s’éloigner.
Pour les Etats très endettés de la zone euro, le résultat de l’injection de la BCE devrait également être substantiellement positif. Quelques semaines après le premier refinancement, les banques ont prudemment commencé par placer leurs nouvelles liquidités auprès de la banque centrale par le biais de lafacilité de dépôtfaiblement rémunéré. Puis certaines d’entre elles se sont mises à acheter des obligations souveraines. La détente observée ces dernières semaines sur les rendements des emprunts souverains a été spectaculaire. Les Etats sous haute surveillance, comme l’Espagne ou l’Italie, en ont bénéficié depuis le début de l’année.
Reste à savoir si le retour de la confiance interbancaire conjugué à la détente sur les rendements des emprunts souverains permettra à la zone euro de relever le troisième de ses grands défis du moment: le redressement de la croissance, pour l’instant mal orientée selon les prévisions de l’OCDE.
De ce point de vue, l’injection de liquidités opérée par la BCE devrait y contribuer. Elle devrait permettre d’éviter ou de limiter un «credit crunch» qui priverait les entreprises des financements dont elles ont besoinpour investir.Lors de la précédente opération, en décembre,les effets avaient été décevants. En janvier, les prêtsbancaires aux entreprises se sont juste stabilisés après la chute brutale de décembre.
D’où l’appel lancé par certains économistes comme Antoine Waechter, directeur de la recherche économique de Natixis Asset Management : «Que doit désormaisfaire la BCE pour maintenir les anticipations de politique monétaire accommodante? Baisser les taux ? Il le faut.»
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