La zone euro et la Suisse ont subi la plus forte perte de compétitivité
A contrario, les Etats-Unis et le Japon ont bénéficié à la fois de l’effet change et de l'évolution des coûts salariaux unitaires
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Nuno Teixeira, Schroders
Plusieurs raisons ont été avancées pour expliquer le faible niveau de croissance économique en Europe dans la phase de reprise que nous connaissons depuis la récession de 2008-2009. Certes, la consommation des ménages est affectée par la nécessité de maintenir une épargne de précaution plus élevée que par le passé. Mais, à l’exception de certaines économies périphériques, cette remontée du taux d’épargne n’est pas tant liée à un problème d’excès d’endettement mais davantage au niveau du chômage et à l’incertitude sur les perspectives économiques en général.
Or, le maintien à un niveau élevé du taux de chômage dans la zone euro s’explique pour l’essentiel par la dégradation de la compétitivité. Le graphique ci-contre exprime l’évolution du taux de change réel, ajusté des coûts salariaux unitaires. Cette mesure du taux de change tient ainsi compte des gains - ou pertes - de compétitivité liées à l’évolution des coûts salariaux unitaires. Les entreprises de la zone euro - et de la Suisse - ont en effet dû faire face à une hausse sensible du taux de change de leur devise de référence depuis dix ans, qui n’a pas été compensée par l’évolution des coûts salariaux unitaires.
A contrario, les économies américaine et japonaise ont bénéficié d’une évolution favorable de leur compétitivité (40% pour les Etats-Unis), liée à la fois à la dépréciation de leur taux de change (Etats-Unis), mais aussi à l’évolution de leurs coûts salariaux unitaires. Seule la forte hausse récente du yen a récemment affecté l’économie japonaise, après une longue période de gains de compétitivité. Il est donc essentiel pour l’Europe de retrouver un taux de change plus favorable pour espérer recoller au peloton, notamment vis-à-vis de tous les pays dont la devise est liée au dollar, comme c’est le cas pour beaucoup d’économies asiatiques.
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