La zone euro espère attirer vite des bailleurs de fonds étrangers

Le tour de table et la gouvernance d’un nouveau SPV ne seront pas au point pour le sommet de demain mais devraient être discutés au G20 de Cannes
Florence Autret, à Bruxelles

Les Européens se sont mis en quête d’investisseurs étrangers pour muscler leur Fonds de stabilité (EFSF). Des deux options complémentaires qui restent sur la table, la plus délicate à mettre en œuvre est la création d’un special purpose vehicle (SPV), autrement dit un fonds ad hoc dont la puissance viendrait compléter celle de l’EFSF et qui prêterait aux Etats ou achèterait leur dette sur les marchés primaire et secondaire.

«Le concept général est connu, explique une source proche des discussions. Il s’agit de mettre en commun des ressources européennes et des ressources de l’extérieur. L’essentiel à ce stade est d’obtenir l’engagement des investisseurs. Ensuite, on construira la structure autour de cet engagement». Dans tous les cas, l’EFSF ne serait pas un investisseur comme les autres. Il devrait en effet apporter une garantie partielle des risques, insiste-t-on. Un document cité par Reuters évoque trois étages: une dette senior notée (pour les investisseurs fixed income), un instrument en capital (pour attirer les fonds souverains), et la tranche la plus junior pour l’EFSF.

De nombreuses questions restent cependant en suspens. Quel sera exactement le tour de table ? A quelles conditions les investisseurs étrangers seront-ils invités à le rejoindre ? Le FMI sera-t-il ou non de la partie ?

Certains pays européens, dont l’Allemagne, aimeraient voir le Fonds monétaire international impliqué dans cette nouvelle structure. L’option de loger le SPV à l’intérieur du FMI, dans un trust fund, est même envisagée, mais elle ne réjouit pas le premier actionnaire du FMI, Washington, qui répugne à augmenter son engagement dans l’eurozone. La participation directe du FMI présenterait en outre l’inconvénient d’exclure celle d’investisseurs privés.

Pour l’instant Klaus Regling, le directeur de l’EFSF, a repris son bâton de pèlerin pour tester l’appétit des investisseurs, qu’il connaît bien. Début 2011, le Fonds plaçait 44% de son papier auprès de banques centrales et de fonds souverains, contre 46% auprès de fonds privés, de banques et d’assurance. Les investisseurs asiatiques achetaient 36% des titres.

Le tour de table et la gouvernance du SPV ne seront pas au point pour le sommet du 26 octobre mais devraient être discutés au G20 de Cannes en novembre. «Pour la mise en place technique, cela peut aller très vite. Nous n’avons besoin que de quelques semaines », explique une source européenne.

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