La zone euro commence à tirer profit des chocs externes positifs
La croissance s’affirme en zone euro. Selon l’estimation «flash» fournie vendredi par Eurostat, le PIB a grimpé de 0,3% au quatrième trimestre, signant un gain de dix points de base comparé au trimestre précédent. Le consensus tablait d’ailleurs sur un statu quo. En glissement annuel, la croissance ressort à 0,9% contre +0,4% en 2013 et +0,8% il y a trois mois.
Même s’il faudra patienter jusqu’au 6 mars pour obtenir d’Eurostat une vision détaillée des composantes du PIB, les économistes de Barclays estiment que «la consommation des ménages a encore une fois été le principal élément contributeur à la croissance du PIB (+0,2 point de pourcentage), soutenue par un repli des prix du pétrole, par la faiblesse de l’inflation et par une amélioration modeste des conditions du marché du travail». La baisse de l’euro a constitué un «choc externe positif», souligne-t-on également chez Natixis. La croissance est ainsi ressortie plus forte que prévu en Allemagne (+0,7%), en Espagne (+0,7%), aux Pays-Bas (+0,5%) et au Portugal (+0,5%). En revanche, l’Italie (0%), l’Autriche (+0,1%), la Belgique (+0,1%) et la France (+0,1%) ont stagné.
Les économistes maison perçoivent en France des perspectives «plus favorables». Certes, la croissance du PIB (+0,4% pour la troisième année consécutive) a déçu les prévisions mais la situation ne se dégrade plus sur le front de l’investissement (-0,5% au quatrième trimestre après -0,6% au trimestre précédent). Pour le Crédit Agricole, «la relative embellie conjoncturelle observée en début d’année confirme la stimulation de l’activité française par l’amélioration de l’environnement économique mondial».
L'économiste Axelle Lacan ne retient pas pour autant le scénario d’un rebond marqué de l’activité en 2015, la crise ayant laissé des cicatrices profondes dans l’Hexagone : taux de chômage élevé, déficit de compétitivité, réduction continue des déficits pénalisante pour la croissance.... Pour sa part, Philippe Waechter, directeur de la recherche de Natixis AM, croit à une «rupture à la hausse en 2015» qui «passera par les effets forts et durables de la baisse de l’euro, du prix du pétrole et des taux d’intérêt».
A l'échelle de la zone euro, «le véritable ‘game changer’ en 2015-2016 sera le policy mix» avec QE de la BCE et stimulus budgétaire, souligne Natixis qui anticipe une croissance de 1,7% sur les deux années.
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