La volatilité longue américaine connaît un regain de tension
La Fed a manqué sa cible. En annonçant la mise en place d’un deuxième plan d’assouplissement monétaire, les autorités américaines pensaient donner de la visibilité au marché. Il n’en a rien été puisque le rendement des Treasuries à 10 ans a bondi de plus de 100 pb entre novembre et fin décembre.
Ce mouvement s’est accompagné d’une hausse de la volatilité implicite (VI) à 60 jours, passée de 6 à 8,50%. Cette forte demande de volatilité implicite marquait la volonté des opérateurs de se protéger contre un environnement jugé très incertain. Le marché leur a donné raison puisque la volatilité historique (VH) a convergé vers la VI, permettant ainsi de rentabiliser les positions acheteuses de gamma. En deux semaines, la prime de risque estimée par le ratio (VI/VH) est revenue au pair contre 1,4 auparavant.
En Europe, la VI du Bund n’a pas connu de mouvement similaire puisqu’elle s’est stabilisée autour de 7%. Si l’adoption d’un mécanisme d’aide permanent aux pays en difficulté n’a guère permis une amélioration du sentiment, elle a endigué de nouvelles tensions sur la volatilité du Bund. C’est ce qui explique le renchérissement relatif de la volatilité américaine en comparaison à la situation européenne. Le ratio de VI du Tnote/Bund est passé de 1,20 à 1,50 sur les deux derniers mois de l’année.
Toutefois, à court terme une phase de stabilisation des taux longs américains est envisageable. En effet, avec un taux de chômage anticipé autour des 9% fin 2011 et l’absence de risques inflationnistes à court terme, il semble difficile d’imaginer une poursuite de la remontée des rendements à un rythme aussi soutenu. Si tel est le cas et d’un point de vue tactique, il semble intéressant de jouer un retour de la VI américaine notamment à la veille des statistiques des créations d’emplois aux Etats-Unis.
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