La volatilité implicite du Bund est sortie de sa tendance baissière
Parce que le marché s’était habitué à une attitude particulièrement bienveillante de la Fed, l’annonce d’un ralentissement plus précoce qu’anticipé du programme d’assouplissement quantitatif a particulièrement surpris. En l’espace de deux mois le taux à 10 ans aux Etats Unis a pris plus de 1% alors que le benchmark allemand de même maturité a augmenté de près de 50 points de base.
La violence de ce mouvement a conduit les investisseurs à rechercher des stratégies de couverture notamment au travers des options , ce qui a entrainé une forte augmentation de la volatilité implicite du Bund à 60 jours (VI). Alors que sur les 18 derniers mois celle-ci a été divisée par plus de deux, passant de 10% fin 2011 à un point bas de 4,50% début mai, cette tendance baissière s’est brutalement interrompue et la VI s’est envolée à plus de 7,50% fin juin.
Face aux craintes d’une poursuite du mouvement de remontée des taux d’intérêt, les investisseurs n’ont pas hésité à se positionner sur des strikes très en dehors de la monnaie ce qui a eu pour effet d’accentuer fortement le skew. La pente de la volatilité a ainsi dépassé les 2,5% pour les strikes éloignés de 2% de la monnaie et pour des options de maturité d’un mois.
Pour contrer l’impact du changement de discours de la Fed, la BCE a annoncé qu’elle aurait désormais recours à la technique de «forward guidance». Cette décision a permis à la VI de se détendre rapidement et de manière significative puisqu’elle évolue actuellement autour de 6,20%. Il est envisageable d’anticiper une poursuite de ce mouvement dans un futur proche : la corrélation entre les Etats Unis et l’Europe devrait diminuer alors que les banques centrales pourraient intervenir sur les taux directeurs de façon opposée.
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