La valse des dirigeants s’accélère dans la gestion d’actifs
Le mercato bat son plein à la tête des sociétés de gestion françaises. Philippe Setbon, actuel directeur général de Groupama Asset Management, va quitter la filiale de gestion de Groupama d’ici la mi-novembre. Il va prendre la tête d’Ostrum AM et y remplacer le franco-américain Matthieu Duncan. L’annonce du départ de Philippe Setbon a été faite en interne il y a déjà plus d’un mois, affirme une source. C’est son directeur général délégué Jean-Marie Catala qui prendra la relève de façon intérimaire, jusqu’à ce que Groupama trouve un remplaçant.
Quant au départ de Matthieu Duncan, entré chez l’ex-Natixis AM au printemps 2016, il se fait de façon plutôt brutale et dans un contexte stratégique pour l’affilié de Natixis IM qui doit créer une plate-forme assurantielle de plus de 400 milliards d’euros d’encours avec son partenaire La Banque Postale AM.
Les deux protagonistes qui devaient être à la base des discussions ont disparu du projet. En effet, Daniel Roy, ancien directeur général de La Banque Postale AM, a lui rejoint Generali dans la foulée de l’annonce du rapprochement avec Ostrum AM au printemps. Quant à Matthieu Duncan, on lui reprocherait un déficit de collecte chez Ostrum AM. Le dirigeant a toutefois porté une réorganisation d’Ostrum AM qui vient tout juste de s’achever et qui a vidé beaucoup de ressources. Par exemple, ses sociétés affiliées H2O AM et Mirova sont devenues des sociétés sœurs chez Natixis IM. De même, l’entité a subi le transfert d’une cinquantaine de personnes chez Natixis IM suite à la création chez cette dernière d’une plate-forme de solutions d’investissement chargée d’assembler les compétences des 28 affiliés du groupe.
Les gestions obligataires d’Ostrum AM et de La Banque Postale AM, comme toutes les gestion taux, doivent affronter une période rendue difficile par le maintien d’une grande partie de la courbe des taux en territoire négatif. Les actionnaires de ces gestionnaires, qu’ils soient banques ou assureurs, cherchent des solutions afin de baisser les coûts et préserver leurs marges et leur rentabilité. La plupart, comme Ostrum AM, réalisent des économies de charges passant notamment par des plans sociaux.
La révélation de ce mouvement intervient au lendemain de l’annonce par Axa IM du départ d’Andrea Rossi de ses fonctions de directeur général de la société de gestion d’Axa et son remplacement par Gérald Harlin. La semaine dernière L’Agefi annonçait le départ de de Stéphane Corsaletti, président d’ABN Amro Investment Solutions.
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Israël poursuit ses frappes au Liban, qui ont fait au moins 380 morts depuis la trêve
Beyrouth - L’armée israélienne a poursuivi mardi ses frappes au Liban, tuant dans le sud 13 personnes, qui viennent s’ajouter aux 380 morts depuis l’instauration du cessez-le-feu le 17 avril, selon les autorités. Alors que le Liban se prépare à de nouvelles négociations avec Israël jeudi à Washington, le chef du Hezbollah pro-iranien, qui s’y oppose fermement, a affirmé que le désarmement de sa formation ne faisait pas partie des discussions et a promis de transformer «en enfer» la bataille avec l’armée israélienne. Celle-ci a indiqué avoir conduit une opération dans la zone du fleuve Litani et a mené mardi une frappe ayant tué deux secouristes à Nabatiyé (sud), où ils effectuaient une intervention, a annoncé la Défense civile. Le ministère de la Santé a confirmé la mort des deux secouristes qu’il a inclus dans un bilan de 13 morts, dont un soldat et un enfant, dans des frappes israéliennes ayant visé trois localités dans le sud du pays. «Une frappe sur la ville de Nabatiyé a fait cinq (morts) dont deux secouristes de la Défense civile et deux blessés», une autre dans la localité de Jebchit a fait quatre morts «dont un soldat et un ressortissant syrien», et douze blessés, et une troisième à Bint Jbeil a tué «quatre citoyens dont un enfant et une femme», et blessé deux autres, a indiqué le ministère. «Depuis le cessez-le-feu, 380 personnes ont été tuées et 1.122 blessées», a annoncé plus tôt le ministre de la Santé, Rakan Nassereddine, faisant état de 108 personnels de santé et secouristes tués depuis le début de la guerre. Plus de quatre enfants ont été tués ou blessés chaque jour en moyenne durant les 25 premiers jours de la trêve, a indiqué l’ONG Save The Children. Au total, les frappes israéliennes ont tué 2.882 personnes depuis le début de la guerre, dont 200 enfants, selon le ministère de la Santé. D’après le Hezbollah, ce bilan inclut ses membres tués. Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans la guerre régionale en attaquant Israël pour venger la mort du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, tué au premier jour de l’offensive israélo-américaine contre Téhéran, le 28 février. Israël a répondu en menant des frappes massives et une opération terrestre dans le sud. «Nous ne nous rendrons pas» Beyrouth a demandé aux Etats-Unis de faire pression sur leur allié israélien pour qu’il mette fin à ses frappes. Le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des positions militaires israéliennes, y compris en Israël, aux frontières avec le Liban. «Nous ne nous rendrons pas», a affirmé le chef de l’organisation, Naïm Qassem. «Les armes et la résistance ne concernent personne hors du Liban (...) C’est une question libanaise intérieure qui ne fait pas partie des négociations avec l’ennemi», a-t-il ajouté. Dans un communiqué annonçant la reprise des négociations jeudi, le département d’Etat américain avait affirmé que la paix entre le Liban et Israël «dépendait du rétablissement complet de l’autorité de l’Etat libanais (sur son territoire) et du désarmement total du Hezbollah». Washington fait pression pour que les discussions aboutissent à un accord de paix, alors que Beyrouth veut d’abord consolider le cessez-le-feu et obtenir le retrait d’Israël du Liban. Après l’entrée en vigueur de la trêve, l’armée israélienne a établi en territoire libanais une «ligne jaune» à une dizaine de km de la frontière. Elle a indiqué mardi qu’au cours de la semaine écoulée, ses soldats avaient mené une «opération spéciale visant à retirer des infrastructures terroristes dans la zone du Litani». Interrogée par le bureau de l’AFP à Jérusalem, l’armée israélienne a indiqué ne pas pouvoir confirmer si les soldats avaient franchi le fleuve Litani, à une trentaine de km de la frontière, mais a publié des photos montrant des soldats marchant sur un pont le traversant. © Agence France-Presse