La valorisation des actions européennes ne constitue ni un frein ni un moteur
Le multiple de capitalisation actuel révèle une légère décote des actions par rapport à leur moyenne à long terme, mais pas une valeur à la casse
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Nuno Teixeira, Schroders
L’économiste américain Robert Shiller s’est distingué début 2000 en publiant un ouvrage - devenu un best-seller - intitulé Exubérance irrationnelle. Son analyse mettait alors en garde contre l’éclatement de la bulle internet.
Quelques années plus tard (dès la fin 2006), ce professeur de Yale a fait de nouveau parler de lui en mettant en avant la bulle immobilière.
Mais pour les professionnels de la finance, Shiller est également le concepteur du «price earning ratio», très utile pour apprécier la valorisation des marchés d’actions. Un de ses mérites est qu’il est calculé sur une moyenne glissante des résultats des sociétés sur dix ans, ce qui permet de capter des tendances de longue période.
Pour les actions européennes, l’observation du PE de Shiller montre qu’au début de l’année 2009 les valorisations n’ont pas retrouvé leurs niveaux historiques les plus bas, caractérisés par des multiples à un chiffre. L’énormité des liquidités déversées par les banques centrales a donc permis d’éviter un effondrement encore plus important du marché.
Le multiple de capitalisation actuel révèle certes une légère décote des actions par rapport à leur moyenne à long terme, mais en aucun cas une décote importante, comme certains semblent le penser. Les valorisations actuelles en Europe ne représentent donc pas un frein majeur, mais elles ne peuvent guère constituer un moteur de hausse majeur pour les marchés européens.
Précision: dans le graphique ci-joint, le PE de Shiller est défini comme le rapport cours sur les bénéfices moyens à 10 ans ajustés de l’inflation.
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