La valeur ajoutée des gérants européens laisserait à désirer
Les clients des gérants d’actifs européens en ont peu pour leur argent. C’est le constat qui ressort d’un rapport du groupe des utilisateurs de services financiers (FSUG), un panel d’experts indépendants chargés de défendre les intérêts des consommateurs auprès de la Commission européenne. Les conclusions sont sans appel. «La sous-performance de l’industrie de la gestion d’actifs semble occasionner une immense perte de bien-être social aux investisseurs européens», souligne le document. «L’industrie ne crée pas de valeur positive pour les investisseurs avec des frais plus élevés qui ne produisent pas une meilleure performance», ajoute-t-il.
Il existerait ainsi une «faible relation» entre les charges appliquées et la performance délivrée au bout du compte. Plus fondamentalement, le FSUG pointe le faible niveau de confiance des investisseurs à l'égard de l’industrie. Cette situation n’est pas le signe d’une «irrationalité» et semble au contraire «bien méritée». L’indice composite de performance du marché (MPI), qui se fonde notamment sur les retours d’expérience et les plaintes des utilisateurs, classait en 2013 les produits d’investissement en dernière position des industries de services.
Le FSUG soumet une série de recommandations. Il suggère en particulier de réglementer l’utilisation des données de performances passée dans les documents promotionnels, cette technique pouvant être trompeuse et se traduire par des décisions «sous-optimales» pour les investisseurs. Il estime notamment que le document d’informations (KIID - Key Investor Information Document) devrait également conserver la publication obligatoire et standardisée des performances passées du fonds et de ses benchmark, en dépit du fait que cette exigence a été en grande partie supprimée par la nouvelle réglementation PRIIP. Dans le même esprit, il est recommandé de mieux encadrer les prévisions d’investissement dans le cadre du KIID.
Enfin, le panel propose que le législateur étudie la possibilité de mettre en œuvre des structures de frais basées sur la «surperformance» mais aussi la «sous-performance». «Si un gérant de portefeuille diverge du benchmark, le fonds devrait alors être considéré comme géré activement et une structure de frais basée sur la performance devrait être appliquée, permettant de refléter la performance finale du fonds contre le benchmark donné», explique le FSUG.
La Commission européenne dit prendre en compte ces recommandations «très au sérieux».
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