La Turquie met un coup de frein à sa politique d’assouplissement monétaire

Le maintien du taux de refinancement à une semaine inchangé à 8,25% a permis à la lire turque de se reprendre de 0,8% contre dollar en séance hier
Patrick Aussannaire

La banque centrale turque (CBRT) a pris les marchés à contre-pied hier en maintenant le taux de refinancement à une semaine inchangé à 8,25%. Si elle a également laissé le taux d’emprunt au jour le jour (JJ) inchangé à 7,5%, le taux de prêt JJ a en revanche été réduit de 75 points de base à 11,25%. Le taux d’intérêt des facilités de dépôt pour les primary dealers lors des opérations de repo a également bénéficié d’un assouplissement de 75 pb pour le ramener à 10,75%. «La victoire de Recep Tayyip Erdogan aux élections présidentielles a permis à la CBRT de se concentrer à nouveau sa politique de lutte contre l’inflation», explique Natixis. La lire s’est renforcée de 0,8% contre dollar en séance hier pour atteindre 2,1508.

La devise reste néanmoins en baisse de 3,2% depuis mi-juillet et de 4,2% depuis mi-mai, suite aux mesures de détente monétaire prises depuis mai revenant ainsi sur une bonne partie du resserrement d’urgence réalisé en janvier qui avait entraîné un rebond de la lire de 13% en quatre mois. «Dans le cas où les pressions baissières sur la lire devraient s’accroître, la CBRT devrait continuer de piloter la gestion des liquidités afin de conserver les taux moyens interbancaires au jour le jour à un niveau supérieur à celui du taux de référence», précise BNP Paribas. Cette dépréciation a contribué à la hausse de l’inflation sous-jacente qui a atteint 9,75% en juillet.

«Les conditions monétaires actuelles restent relativement accommodantes lorsque l’on considère l’inflation sous-jacente qui reste supérieure à 9% depuis avril, un niveau bien supérieur à l’objectif de 5% visé par la CBRT», rappelle Natixis. L’autorité estime que le spread entre le coût moyen de financement et le taux à 5 ans mesurant les conditions financières et monétaires s’est détendu récemment. Le rendement des obligations turques libellées en devise locale chutait hier de 19 pb pour revenir à 8,77%, mais restent en hausse de 37 pb depuis mi-juillet.

Or, malgré les tensions inflationnistes, «le ralentissement de l’activité, qu’un affaiblissement plus rapide que prévu de l’activité en zone euro pourrait exacerber, met une pression supplémentaire sur la CBRT pour conserver une politique monétaire accommodante», indique Barclays qui prévoit un ralentissement de la croissance du PIB turc à 3,3% cette année et 3,7% en 2015 après 4% l’an dernier, mais une inflation moyenne de 8,9% cette année et 7% en 2015.

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