La Turquie devrait profiter de flux de capitaux supplémentaires
Le retour de la Turquie dans la catégorie investissement devrait permettre à son économie de bénéficier d’un afflux supplémentaire de capitaux de long terme. Moody’s vient de relever la note souveraine du pays à Baa3, assortie d’une perspective stable. «La conséquence la plus importante est que cela va générer des entrées de capitaux supplémentaires en Turquie, même si certains investisseurs pourraient considérer que leur exposition au pays est déjà suffisante et que le relèvement est déjà intégré dans les prix», explique Stanislav Petrov, économiste chez BNP Paribas.
Moody’s a ainsi rejoint Fitch Ratings qui avait signé le retour du pays dans la catégorie investissement en lui attribuant la note BBB- dès novembre 2012. Ce nouveau rehaussement met désormais le pays en situation d’intégrer certains indices obligataires «investment grade». S&P reste la seule des principales agences à maintenir la Turquie dans l’environnement spéculatif avec une note BB+, un cran en dessous de la catégorie investissement.
De son côté, Moody’s a mis en avant l’amélioration de l'économie et la meilleure situation des finances publiques qui aident la Turquie à résister aux chocs externes. «Depuis le début de 2009, le fardeau de la dette turque a baissé de 10 points de pourcentage à un niveau gérable de 36% du PIB, et Moody’s s’attend à ce que cette amélioration se poursuive dans les années qui viennent», a justifié l’agence de notation.
«Cette note va accroître l’accès de notre Etat et de nos entreprises aux financements internationaux, réduire le fardeau de la dette et contribuer positivement à la croissance de long terme de notre pays», s’est félicité Ankara. Les taux d’emprunt à deux ans de la Turquie ont touché vendredi un plus bas niveau à 4,61% après avoir déjà reculé de 20 points de base à 4,81% la veille après la décision de la banque centrale de réduire son taux de refinancement au jour le jour de 50 points de base à 3,5%.
Les analystes estiment même que l’institution pourrait être tentée d’aller encore plus loin. «Cela dépendra probablement davantage des développements extérieurs (marchés obligataires européens, adoption d’un taux de dépôt négatif par la BCE, flux de capitaux japonais vers les marchés européens, prix des matières premières) que domestiques (hausse de l’inflation, amélioration des données économiques, croissance du crédit)», juge Christian Keller, économiste chez Barclays.
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