La Turquie bénéficie d’une accalmie qui reste fragile
La Turquie s’offre un répit. Fitch a confirmé vendredi la note de long terme du pays à «BBB-» assortie d’une perspective stable en constatant l’amélioration de la politique de gestion économique des autorités, alors que la victoire du parti du premier ministre Recep Tayyip Erdogan aux élections municipales a permis d’écarter le risque politique à court terme.
Après avoir atteint un record de 12,26% le 24 mars, le taux de swap à 10 ans est revenu à 11,52%. La croissance du PIB au quatrième trimestre 2013 est ressortie à un rythme annualisé plus fort qu’attendu de 4,4%, soutenue par une contribution de la consommation privée de 3,5 points et de l’investissement de 0,9 point, alors que le commerce extérieur a ôté 3 points à la croissance.
«Avec la reprise de la demande européenne et l’aide d’une devise plus faible et compétitive, nous prévoyons une reprise des exportations en 2014», estime ING. Les importations en février ont affiché leur première contraction depuis août 2013, de 5,9% sur un an, alors que la croissance des exportations s’est accélérée à 6,2%. De quoi ramener le déficit à 5,1 milliards de dollars, contre 6,8 milliards prévu par le consensus, et à 97,4 milliards sur douze mois.
Le revers est la poussée de l’inflation sous-jacente à 9,3% en mars, et des prix à la production à 12,3%. «L’impact de la dépréciation du taux de change sur les prix domestiques, l’envolée des prix alimentaires ainsi que la hausse de la TVA en début d’année vont continuer à se propager», estime Natixis. Malgré une reprise de la livre de 9% depuis fin janvier après sa chute de 30% depuis mai 2013, BNP Paribas anticipe une inflation à 9,5% en juin, avant un retour à 8,2% fin 2014.
Un niveau qui pèsera sur la consommation privée et la croissance du PIB turc, anticipée par Natixis à 2,4% cette année, après 4% en 2013. Sous l’effet de la hausse du principal taux directeur à 10% fin janvier, la croissance du crédit aux entreprises a ralenti à un rythme annuel de 45,6%, après avoir atteint 47% en janvier.
«La croissance du crédit aux ménages est entrée dans une phase de ralentissement depuis octobre 2013 grâce aux mesures macroprudentielles destinées à réduire la dette des ménages, et à la faiblesse des entrées de capitaux», ajoute Natixis. Le probable maintien du statu quo annoncé par la banque centrale rend néanmoins les taux réels encore attractifs pour les emprunteurs.
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