La titrisation se développe dans le secteur du financement participatif
Les chefs de file du secteur du financement participatif s’intéressent à la titrisation. Santander et BlackRock seraient en train de travailler sur des projets de titrisations notées et adossées à des prêts accordés par les plates-formes Lending Club et Prosper, selon les informations du Financial Times. Le journal, qui cite des «sources proches», explique qu’il n’est pas certain que des opérations soient mises sur le marché et/ou obtiennent une note de la part d’agences. La présence sur ce marché de Lending Club, aidé par Santander, et de Prosper, soutenu par BlackRock, pourrait cependant conforter l’émergence d’une nouvelle classe d’actifs.
Lancée en 2007 par Renaud Laplanche, Lending Club, la plate-forme de prêts la plus importante au monde est basée à San Francisco. Elle avait facilité l’allocation de quelque 5 milliards de dollars de prêts en juin dernier. Au cours du seul deuxième trimestre, elle a permis la distribution d’un milliard de dollars de financements. D’abord spécialisé sur les prêts aux particuliers, Lending Club s’est lancé cette année dans les prêts aux entreprises et s’apprête à être coté en Bourse. Prosper est le deuxième acteur du marché. Egalement basée à San Fransisco, l’entreprise a permis de distribuer quelque 2 milliards de dollars de prêts, surtout aux particuliers, depuis sa création en 2006. L’activité a également décollé cette année puisqu’entre janvier et octobre 1,2 milliard de dollars ont été distribués.
Des opérations de titrisation ont déjà eu lieu dans le secteur. Le hedge fund Eaglewood Capital a lancé la première opération du genre en 2013, adossée à des prêts issus de Lending Club, mais elle ne représentait que 53 millions de dollars et était non notée. Sofi, spécialisé sur les prêts aux étudiants, a émis une première titrisation de 150 millions de dollars en 2013 notée par DBRS. La société, qui a facilité la distribution de plus de 1 milliard de dollars de prêts à ce jour, a franchi une nouvelle étape cet été. Elle est parvenue à placer une titrisation de 250 millions de dollars notée «A» par DBRS et surtout Standard & Poor’s.
Ces initiatives interpellent en France. Lendix, une start-up qui veut faciliter les prêts aux TPE et PME, souhaite déjà obtenir un agrément pour pouvoir se lancer dans des projets de titrisations l’année prochaine. «L’intérêt des investisseurs institutionnels [pour les plates-formes de prêts] est vraiment une tendance de fond», explique son fondateur Olivier Goy.
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