La titrisation pourrait venir au secours des PME britanniques

Un véhicule de titrisation public permettrait aux banques, réticentes à accorder des crédits aux PME, de supporter moins de risques
Solenn Poullennec

Alors que le gouvernement britannique est en train d’explorer les pistes de soutien aux PME nationales, certains défendent la mise en place d’une agence de titrisation. Il faut dire que la situation est très préoccupante. Une enquête d’Eurostat diffusée au début du mois montrait que la proportion de prêts refusés aux PME était passée de près de 6 à 21% des demandes entre 2007 et 2010 en Grande-Bretagne.

Pour l’instant, le chancelier de l’échiquier, Georges Osborne, n’a pas détaillé ses plans pour contrecarrer la parcimonie des banques. Attendu sur ce thème à la fin du mois de novembre, il pourrait s’inspirer des idées d’Adam Posen, membre externe du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre qui, lors d’un discours en septembre, a clairement évoqué la possibilité de créer un véhicule de titrisation. Baptisée «Bennie» pour «British Enterprise Investment Entity», cette structure pourrait aider les banques à reprendre leurs prêts aux PME, en plus d’une banque publique qui accorderait directement des crédits aux petites sociétés déboutées par leurs banquiers.

«Nous avons besoin d’une bonne version de Fannie Mae et Freddie Mac pour créer un marché plus liquide et profond pour les actifs illiquides qui pourraient ensuite être déchargés du bilan des banques», a expliqué Adam Posen. Selon lui, les titres émis par «Bennie» devraient être adossés à des prêts très transparents et différenciés par catégorie. Qui plus est, ils devraient répondre aux standards de qualité de la Banque d’Angleterre.

Pour les analystes de RBS cette idée mérite d’être creusée. D’autant que plusieurs pays ont déjà adopté des mécanismes de soutien au PME qui font la part belle à la titrisation comme l’Espagne, l’Allemagne ou les Etats-Unis. Outre-Atlantique, la «Small Business Administration» garantit partiellement les emprunts réalisés par les PME et depuis 1997 plus de 15 milliards de prêts de la SBA ont été titrisés. Ce mouvement a cependant connu un net ralentissement depuis l’approfondissement de la crise.

Selon les analystes de RBS l’enjeu est de s’assurer que cette future agence «soit économiquement efficace pour les banques britanniques tout en étant capable d’attirer les investisseurs». Pour cela, ils estiment qu’il faudrait notamment que l’entité qui supporte les éventuelles pertes soit clairement déterminée.

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