La timide reprise économique suffit à profiter aux émetteurs à haut rendement
Comme d’autres classes d’actifs, le marché du «high yield» est actuellement davantage influencé par des considérations macroéconomiques que par les fondamentaux des entreprises. Les inquiétudes récurrentes sur le risque souverain dans la zone euro ont ainsi eu un impact non négligeable sur les primes de risque, qui se sont élargies de près de 150 points de base depuis la mi-avril.
Un des principaux déterminants des performances du secteur est pourtant le taux de défaut et on aurait tort de le négliger. Si les défauts se sont multipliés pendant la crise récente - avec un pic entre décembre 2008 et mai 2009 - le nombre des émetteurs «high yield» ayant fait défaut n’a cessé de reculer en 2010. Mieux, le taux de recouvrement des obligations en défaut est passé de 37,7% pour les obligations seniors (et non adossées à un collatéral) à plus de 80% en 2010.
Plusieurs raisons à cette évolution : la reprise de la demande et la réduction des investissements ont eu un effet de levier considérable sur les résultats et ont contribué à améliorer sensiblement les cash flows, tandis que la vigueur du marché primaire depuis un an permettait aux sociétés de se refinancer. Dans cette phase du cycle du crédit, l’intérêt du management des sociétés «high yield» est aligné sur celui des porteurs d’obligations… ce qui est loin d’être le cas lorsque la reprise s’accélère!
Conclusion: les perspectives d’amélioration du taux de défauts pourraient bien permettre au high yield de devancer une fois de plus les marchés d’actions en 2010, avec des performances à deux chiffres.
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