« La surveillance par l’UE du plan grec devrait soutenir l’euro »
Carole Laulhere, stratégiste change chez SG CIB
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Tân Le Quang
L’Agefi : L’euro peut-il se redresser rapidement face au dollar ?
Carole Laulhere : Les récents problèmes grecs ont pesé sur l’euro mais ont pourtant démontré que l’Union européenne n’acceptera pas de dérapage incontrôlé des finances publiques des pays membres. L’Union européenne s’est engagée à protéger la liquidité de la Grèce mais au prix de mesures drastiques de réduction de son déficit public. En outre, en surveillant la mise en place du plan grec, elle a repris à son compte une part de sa souveraineté en matière de politique budgétaire. Ceci représente un gage de crédibilité pour l’UE qui devrait, in fine, soutenir l’euro. Le dollar a bénéficié ces dernières semaines de l’aversion pour le risque, de l’amélioration des indicateurs américains et de la Fed qui prépare les marchés à sa stratégie de sortie. Pour autant, la récente hausse des taux 2 ans américains devrait s’essouffler, et ainsi permettre à l’euro/dollar de corriger à la hausse, à fortiori si les craintes de risque souverain grec s’apaisent.
Comment voyez-vous évoluer l’euro/livre à trois mois ?
Nous sommes haussiers sur l’euro/livre. Les indicateurs britanniques restent mitigés. Quant à la Banque d’Angleterre, elle n’a pas reconduit son programme quantitatif mais le gouverneur King estime qu’il est encore trop tôt pour écarter une telle possibilité. En outre, avec un déficit public supérieur à 12% du PIB, le Royaume-Uni n’est pas à l’abri du risque souverain. Toute réduction drastique des finances publiques est peu probable à l’approche des élections qui se tiendront au printemps. Seules les mesures de valorisation de moyen terme indiquent une livre sous-évaluée. D’ici là, la devise devra affronter des vents contraires.
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