La Suède franchit une étape symbolique dans son programme de privatisations
La Suède laisse ses banques voler de leurs propres ailes. L’Etat a bouclé hier la cession totale de sa participation restante dans Nordea, dernier vestige du sauvetage public du plus important établissement bancaire du pays qui a eu lieu en 1991.
«Le rôle du gouvernement est de réguler le secteur bancaire, pas de le détenir», a indiqué le ministre des finances, Peter Norman. La Suède a profité d’une hausse du cours de l’action de 28% depuis le début de l’année, pour céder les 284 millions de titres qu’elle détenait encore dans la banque à un prix unitaire de 76 couronnes, soit une décote de 4% par rapport au cours de clôture de mardi. Cette opération, dirigée par Morgan Stanley, BoA Merrill Lynch, Carnegie et Goldman Sachs, a permis au gouvernement de lever 22 milliards de couronnes (2,5 milliards d’euros) qui serviront à réduire sa dette publique.
Il s’agit de l’opération de privatisation la plus importante menée cette année dans le pays, devant la dernière cession d’actions Nordea en juin dernier qui avait déjà permis à Stockholm de lever 3 milliards de dollars, et la deuxième historique après l’introduction en Bourse de Telia en 2000 qui avait permis de récolter 8,6 milliards de dollars. Cette dernière opération intervient en outre une semaine après la cession pour 5,1 milliards de dollars des parts de l’Etat britannique dans Lloyds Banking Group. A 16,1 milliards de dollars depuis le début de l’année, le volume total des «privatisations» menées en Europe est à ses plus hauts niveaux depuis l’année 2007. Et la Suède pèse à elle seule à hauteur de 40% dans le montant total, soit 6,5 milliards de dollars. Depuis son arrivée au pouvoir en 2006, le gouvernement suédois dirigé par Fredrik Reinfeldt s’est engagé dans un plan massif de privatisations, allant de la cession de ses parts dans le fabricant d’Absolut vodka, Vin & Sprit, et dans la société immobilière Vasakronan, à la vente d’actions dans OMX et TeliaSonera. Le prêteur hypothécaire SBAB est également dans le viseur de Stockholm.
Ces cessions ont notamment permis à la dette publique du pays de chuter à un niveau de 38,1% du PIB fin 2012. Elle devrait remonter à 41,5% du PIB à la fin de l’année, avant de redescendre à 34% fin 2017 selon les projections du gouvernement. Le spread entre les taux 10 ans suédois et allemand se détendait hier à 62 pb, après avoir atteint 71 pb début septembre, un plus haut depuis août 1999.
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