Paris estime que l’ajustement structurel reste trop important et compte sur le délai accordé pour l’examen du budget 2015 pour le démontrer.
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Florence Autret, à Bruxelles
Selon nos calculs, le compte n’y est pas», indiquait lundi matin une source française en arrivant à Bruxelles. Les ministres des finances de la zone euro ont eu une discussion animée sur les budgets 2015 où pointe un différend sur le rythme de l’ajustement budgétaire. L’Eurogroupe, sous la pression des Pays-Bas et de l’Allemagne, maintient un objectif ajustement structurel de 2,4% en 2015 contre 2,6% en 2014. Mais Paris estime qu’un tel effort n’est pas exempt d’un risque récessif et ne correspond pas au principe de «neutralité budgétaire».
Très discuté, le cas de la France révèle un désaccord entre gouvernements et Commission. L’Eurogroupe maintient que l’ajustement budgétaire «exigé sous la procédure en déficit excessif» est de 0,8% par an. Or depuis plusieurs semaines, la Commission et les autorités françaises débattent autour d’un objectif de 0,5%, beaucoup plus proche des plans budgétaires actuels du gouvernement qui prévoient un effort structurel de 0,3%. Fin novembre, la Commission s’est donné trois mois supplémentaires pour examiner la conformité du budget français 2015. «Ce temps doit être utilisé pour combler cet écart», a déclaré le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem.
«Selon la Commission, c’est déjà neutre», insiste cette source. Pas pour Bercy qui juge qu’il faut encore adapter le rythme de réduction des déficits. «Tout dépend de la croissance potentielle qui varie beaucoup au fur et à mesure que les jours passent», explique une source française. La Commission s’est donné jusqu’en mars pour juger de la conformité des budgets avec les règles du pacte de stabilité. Mais elle publiera en février des prévisions économiques qui pourraient lui permettre de revoir ses objectifs d’ajustement si la croissance était moins importante que prévu.
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