La stagnation de l’économie française assombrit l’horizon 2012

Si la croissance 2011 est estimée à 1,7 % par l’Insee, la montée des incertitudes pèse sur le comportement des agents économiques
Yves-Marc Le Reour

L’économie française, dont la croissance a été nulle au deuxième trimestre, a désormais peu de chances de rebondir d’ici à la fin de l’année, indique l’Insee dans son dernier point de conjoncture. L’institut constate que la faiblesse de la demande intérieure dans les pays avancés, déjà visible fin juin, s’est accompagnée depuis l’été d’un retour au premier plan de la crise de la dette souveraine aux Etats-Unis et en Europe, ce qui a provoqué un fort recul des indices boursiers et un choc de confiance sur le secteur financier.

En France, le repli de 0,7% de la consommation des ménages entre avril et juin devrait faire place à une hausse modérée de 0,5% au troisième puis de 0,3% au quatrième trimestre. En dépit d’un taux d’épargne élevé de 16,5% en 2011, ce «rattrapage limité» sera favorisé par des gains de pouvoir d’achat légèrement supérieurs à ceux de l’an dernier. La consommation constituera cependant le seul soutien tangible à l’activité au second semestre. Après une stabilité attendue entre juillet et septembre, la production manufacturière devrait se replier de 0,7% en fin d’année, tandis que le commerce extérieur aurait une contribution négative d’un demi-point à la croissance sur l’ensemble de 2011.

Si l’Insee ne voit pas actuellement «d’indices tangibles de restrictions du crédit aux entreprises», la dégradation des perspectives d’activité incitera les entrepreneurs à freiner leurs investissements, alors que ceux-ci avaient fortement progressé au premier trimestre. Par ailleurs, le ralentissement attendu des créations nettes d’emploi du secteur marchand dans la deuxième moitié de l’année (+24.000 postes contre +112.000 au premier semestre) provoquera une légère remontée du taux de chômage malgré un recours grandissant aux emplois aidés.

Au total, la croissance française serait en moyenne de 1,7% pour 2011, en légère accélération par rapport aux 1,4% de 2010 contrairement à la plupart des autres grands pays industrialisés. Mais ce scénario «ne suppose pas d’aggravation des tensions financières à l’horizon de la fin de l’année», prévient l’Insee. Après la hausse du PIB de 0,3% estimée entre juillet et septembre, la stagnation attendue au quatrième trimestre induit en outre une montée des incertitudes pour l’année 2012, avec un acquis de croissance de seulement 0,2% sur la base des prévisions établies pour le second semestre.

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