La spirale baissière de l’économie américaine s’amplifie

Les prix des maisons individuelles au mois d’octobre et l’indice de confiance des consommateurs en décembre affichent des reculs historiques
Yves-Marc Le Réour

Les dernières statistiques de l’année concernant les Etats-Unis n’incitent guère à sabler le champagne. Sur le front de l’immobilier, l’enquête mensuelle Standard & Poor’s/Case-Shiller indique que les prix des maisons individuelles outre-Atlantique ont chuté de 18% en octobre par rapport au même mois de 2007, un recul sans précédent; l’indice composite des vingt zones métropolitaines a baissé de 2,2% sur un mois. Dans les deux cas, les variations enregistrées sont plus fortes que celles anticipées par le consensus des économistes. «Le marché baissier continue, les prix des maisons sont revenus à leurs niveaux de mars 2004», commente David M. Blitzer, président du comité des indices de Standard & Poor’s; quatorze zones métropolitaines sur vingt ont enregistré une baisse record en rythme annuel ou un recul des prix supérieur à 10% par rapport à octobre 2007.

La confiance des consommateurs américains est de son côté tombée en décembre à son plus bas niveau depuis le début de cette statistique en 1967, en raison notamment de la dégradation du marché du travail, selon les chiffres de l’institut Conference Board publiés hier. L’indice a chuté à 38,0 contre 44,7 en novembre, alors que les économistes anticipaient une légère hausse liée à la modération du prix de l’essence. «La nouvelle érosion de l’indice de confiance du consommateur reflète la détérioration rapide et profonde de la situation économique qui a eu lieu au quatrième trimestre de 2008», a déclaré Lynn Franco, directrice du centre de recherche du Conference Board, ajoutant que «les perspectives économiques globales restent plutôt sombres pour le premier semestre 2009 et seule une reprise modeste est attendue au second semestre».

Le sous-indice mesurant le jugement des consommateurs sur la difficulté à trouver un emploi est monté à 42,0 en décembre, au plus haut depuis seize ans, contre 37,1 en novembre. La composante mesurant leur appréciation de leur situation actuelle a chuté à 29,4 - au plus bas depuis avril 1992 - contre 42,3 le mois dernier. Dans ce contexte, les rabais allant jusqu’à 70% consentis par certaines chaînes de magasins avant même la fin de l’année ne devraient pas suffire à sauver une saison qui s’annonce comme «la pire depuis 1970», selon l’organisation professionnelle International Council of Shopping Centers.

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