La souveraineté technologique préoccupe la gestion d’actifs
La technologie n’est pas l’apanage des seules sociétés de... technologies. Un gérant d’actifs reste loin de Facebook et de Google, mais « il y a aucun domaine de la chaîne de valeur dans la gestion d’actifs qui n’est pas concerné par la technologie », a déclaré Florence Fontan, secrétaire générale et responsable de l’engagement d’entreprise de BNP Paribas Securities Services, lors de l’AM Tech day organisé par L’Agefi ce mardi au Palais Brongniart.
Si toutes les sociétés de gestion sont confrontées aux problématiques technologiques, toutes ne l’abordent pas de la même manière. Leur traitement touche souvent à la souveraineté même des sociétés. « Les sujets [soulevés par la technologie] sont aujourd’hui moins techniques que de l’ordre de la direction générale ou de la stratégie », confirme Jean-Jacques Barbéris, membre du comité exécutif, directeur de la clientèle institutionnelle et d’entreprises d’Amundi.
Chez ce gestionnaire, le choix est fait. « Nous devons être totalement maîtres de notre technologie », affirme Jean-Jacques Barbéris. Les partenariats stratégiques noués avec des sociétés externes ont donc vocation à s’intégrer dans la plate-forme technologique d’Amundi. Ce qui n’exclut pas la société de nouer des partenariats externes pour tester des solutions qui ne sont pas encore matures. Pour évaluer la température de ses portefeuilles, dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat, le gestionnaire dispose, par exemple, de trois outils de mesure, proposés par trois partenaires différents.
Intégration
Mais quelle que soit la structure, Florence Fontan constate que, sur les technologies examinées, « selon si les sociétés veulent conserver leur souveraineté ou pas, elles ne regardent pas les partenaires de la même façon ». Ce que confirme, par exemple, Corentin Favennec, directeur des partenariats grands comptes chez Generali Patrimoine : « Nous pouvons prendre des participations chez nos partenaires, soit avec la volonté de les intégrer, soit, au contraire, avec l’intention de revendre notre participation quand la société aura pris son envol ». Lorsque les technologies deviennent trop sensibles, elles sont donc intégrées. Ce mouvement est d’autant plus compréhensible que les sociétés pour lesquelles les sociétés technologiques travaillent sont extrêmement régulées.
Cette intégration n’est cependant pas une solution que toutes les sociétés de gestion peuvent mettre en place. Si le recours à des sociétés de technologie a souvent comme origine un besoin client, « elle est, de plus en plus souvent, accompagnée d’une recherche réduction du coût opérationnel pour les gestionnaires », estime Jean-Jacques Barbéris.
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