La solvabilité de Crédit Agricole SA laisse à désirer
La banque et les superviseurs communiquent sur le périmètre groupe. La structure cotée pourrait nécessiter de nouvelles garanties des caisses
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Alexandre Garabedian
En annonçant le 14 décembre un objectif de ratio de fonds propres (common equity tier one, CET1) de 10% à fin 2013, le Crédit Agricole a placé la barre un cran plus haut que ses concurrents français. Mais la banque verte a rusé. Elle communique désormais seulement sur la solvabilité du groupe, qui intègre 100% de ses caisses régionales alors que l’entité cotée Crédit Agricole SA n’en consolide que 25%. C’est son droit. Les superviseurs raisonnent sur ce périmètre étendu, raison pour laquelle l’Autorité bancaire européenne n’a pas demandé au mutualiste de lever du capital d’ici à juin 2012, contrairement à BPCE, BNP Paribas et la Société Générale.
Mais les analystes financiers relèvent tous l’écart entre la solvabilité du groupe et celle de son véhicule coté. Si les 2,5 milliards d’euros de dépréciations passés au dernier trimestre laissent inchangés les fonds propres réglementaires, le plan d’adaptation amputera de 250 millions chaque année les résultats. «La position en capital de CASA continuera à être un sujet de préoccupation du marché, même si les régulateurs se focalisent pour l’instant sur l’ensemble du groupe», note Omar Fall, analyste chez UBS.
Les prévisions des analystes diffèrent selon les hypothèses, mais oscillent autour de 7% à 8% de ratio CET1 en 2013. La banque espère toujours bénéficier de la directive conglomérat, qui lui permettrait de ne déduire de son capital qu’une fraction de ses participations dans ses filiales d’assurance et non la quasi-totalité comme sous Bâle 3. Gain espéré: autour de 5 milliards d’euros de fonds propres.
Le sujet assurance reste à trancher au niveau européen dans le cadre de la directive CRD4, qui transpose les règles de Bâle 3. Et certains analystes commencent à douter d’un traitement favorable, à l’image d’Exane BNP Paribas, qui l’exclut désormais de ses prévisions. Les caisses régionales pourraient alors être appelées à la rescousse. Elles ont déjà signé la semaine dernière l’accord de mise en place pour fin 2011, au bénéfice de CASA, d’un mécanisme de garantie, dit «switch», qui se substituera à de la dette hybride non prise en compte dans les ratios Bâle 3. «Nous n’excluons pas que le management étende la garantie ‘switch’ à 100% de l’activité assurance, engendrant une amélioration de la solvabilité de CASA de 230 points de base», estime la recherche actions de Natixis. Un sujet de réflexion pour 2012.
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