La solidité de la croissance chinoise repose toujours sur le crédit

Si le rythme de croissance a accéléré à 7,5% au deuxième trimestre pour rallier l’objectif annuel de Pékin, il est tiré à 54% par l’investissement
Patrick Aussannaire

La Chine a rempli son contrat. A 7,5% au deuxième trimestre, la croissance du PIB chinois ressort en ligne avec l’objectif annuel fixé par Pékin et proche de celle du premier trimestre de 7,4%, et a accéléré à un rythme de 2%, après 1,5% au premier trimestre. Une croissance tirée à 54,4% par l’investissement «grâce aux mesures de soutien mises en place par les autorités chinoises : construction de rails, rénovation des logements sociaux, aides au développement des services, baisses d’impôts et assouplissement monétaire», indique Natixis.

«Depuis 2008, chaque fois que la croissance des investissements a atteint 20%, celle du crédit total (prêts bancaires, shadow banking et obligations d’entreprises) était également proche de 20%. Or, dans le cycle actuel, elle reste bien en dessous de ce niveau. Il semble ainsi que les autorités chinoises ont réussi à financer les infrastructures sans engendrer un excès massif de crédit», estime SG CIB. En ciblant la baisse du ratio des réserves obligatoires aux banques petites et moyennes distribuant des crédits ruraux aux PME, la PBOC a pris une partie de ce poids à son bilan au lieu de le laisser à la charge des banques comme en 2009-2010.

Le «Total social financing» (TSF), qui mesure les financements agrégés incluant le hors bilan, s’est envolé de 40% en un mois à 1.970 milliards de yuans, du fait du doublement des prêts hors bilan à 536 milliards. Une hausse tirée en outre par celle des prêts et titres à court terme, qui indique qu’«une part significative des financements sont destinés au paiement des intérêts et aux besoins en capitaux plutôt qu’au soutien de l’activité», selon Barclays. La PBOC anticipe une quasi-stabilité du rythme de croissance des financements agrégés cette année à 18%, après 17% en juin.

«Si la Chine a assuré une croissance du PIB stable jusqu’à présent, d’ici à début 2015 elle pourrait se retrouver confrontée au même problème qu’au début 2014: la croissance ralentit alors que sa capacité à relancer davantage l’activité continue de rétrécir», estime la société de gestion GaveKal. Pour autant, avec une croissance du crédit qui reste supérieure à celle du PIB nominal, GaveKal estime que son poids atteindra 240% du PIB chinois fin 2014, contre 220% fin 2013.

En outre, la correction du marché immobilier, avec une baisse des ventes de logements qui a atteint 9,2% au premier semestre, pèse sur la valeur et la qualité des créances.

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