La situation du secteur financier chypriote continue d’inquiéter le FMI
La sortie progressive du système de contrôles de capitaux que Chypre avait adopté en 2013 alors que le pays était en déroute financière se fait pour l’instant sans encombre. Le Fonds monétaire international (FMI) estime que le pays remplit globalement les objectifs fixés dans le cadre de son plan de sauvetage mais sa situation financière et économique reste très préoccupante.
En mars 2013, le pays qui a bénéficié d’une aide du FMI et de l’Union européenne de 10 milliards d’euros, avait été obligé de mettre en place un contrôle strict des capitaux. Celui-ci a commencé à être levé mais «le rythme de retrait des dépôts en est resté globalement inchangé», note le FMI dans le rapport qu’il a publié le 1er avril à l’issue de sa troisième visite dans le pays. Entre la fin mars 2013 et la fin du mois de février de cette année, l’encours des dépôts (hors ceux qui ont servi dans le cadre du plan de sauvetage) a baissé de 18% pour atteindre 10,3 milliards d’euros. Cependant, sur une période récente, les retraits nets moyens hebdomadaires ne représentaient que 10% des montants qui étaient retirés au pic de la crise (avril-juillet 2013).
Le FMI estime que le programme du pays «reste sur les rails». En 2013, la récession devrait se révéler moins profonde qu’anticipé, avec un recul d’environ 6% du PIB contre les 7,7% attendus, et le déficit budgétaire moins important, à 4,7% du PIB au lieu de 6,4%. La dette a aussi été légèrement révisée à la baisse, à 112% du PIB en 2013. «Les objectifs budgétaires ont été atteints avec des marges significatives, le secteur coopératif a été recapitalisé et des assouplissements supplémentaires du contrôle des capitaux ont été mis en œuvre. Les retards de mise en œuvre des réformes structurelles ont été endigués», assure le FMI.
Les sources d’inquiétudes restent cependant nombreuses. Le FMI note que les créances douteuses dans le secteur financier domestique «core» représentaient 50% de l’ensemble des prêts à la fin de décembre 2013. La majorité des prêts douteux a été attribuée aux entreprises, notamment au secteur de la construction. Par ailleurs, le crédit au secteur financier continuait de se contracter de 10% sur un an en janvier 2014.
Le FMI prédit donc que la «modeste» reprise censée naître en 2015 se fera sans crédit et grâce au tourisme. En 2014, le pays devrait être le seul de la zone euro avec la Slovénie à voir son PIB reculer (de 4,8%), selon les projections de la Commission.
Plus d'articles du même thème
-
Spirit Airlines a fini par succomber à la hausse du prix du kérosène
L’échec d’un ultime plan de sauvetage proposé par l’administration Trump a entraîné la cessation immédiate et définitive des activités de la compagnie américaine à bas coût. -
Le panel de L’Agefi voit les taux de plus en plus élevés
Les prévisionnistes interrogés par L’Agefi ont relevé leurs prévisions de taux à 10 ans pour toutes les géographies dans six mois, mais pas toutes dans des proportions importantes. Ils annulent également a priori la perspective d’une baisse de taux de la Fed avant fin octobre. Et remontent un peu leurs espoirs pour le yen. -
Les grandes banques espagnoles maintiennent le cap malgré la guerre au Moyen-Orient
La vitalité de l'économie du pays et la diversification des modèles soutiennent la trajectoire des principaux acteurs bancaires. -
Le potentiel de progression des marchés actions est désormais très limité
Les indices européens et américains sont attendus en hausse de 2 % à 3 % en six mois et de 6 % à l'horizon d'un an. Les perspectives sont encore plus réduites pour le Nikkei, qui a pris beaucoup d’avance, avec un gain de 18 % depuis le début de l’année. -
Les investisseurs en crédit se montrent prudents mais confiants
Les sociétés de gestion du panel crédit de L’Agefi restent majoritairement dans la neutralité quant à leur exposition au crédit et aux perspectives à un mois. Une douzaine d’entre elles optent toutefois pour la surpondération sur cette classe d’actifs. -
La BCE donne rendez-vous pour une hausse de taux en juin
Alors que les marchés font déjà une large partie du travail de durcissement des conditions financières en anticipant trois hausses de taux cette année, la présidente Christine Lagarde a insisté sur la nécessité d’une "fonction de réaction" de la BCE face à l’inflation. Elle a seulement évité d’ajouter «quelle que soit la suite».
ETF à la Une
Schroders lance un ETF actif sur les actions américaines en Europe
Contenu de nos partenaires
-
MultirécidivistePrésidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon à l’assaut du second tour, pour la quatrième fois
Dimanche, au 20 heures de TF1, Jean-Luc Mélenchon devait officialiser sa quatrième candidature à la présidentielle. Un départ anticipé, devenu sa marque de fabrique, avec en ligne de mire ce duel de second tour, sans cesse prophétisé mais jamais concrétisé, face au RN -
Matignon, on a un problèmeCroissance nulle : le crash budgétaire menace
Avant même l'impact de la guerre au Moyen-Orient, la croissance a calé au premier trimestre. La (mauvaise) nouvelle a surpris Bercy. Les hypothèses du gouvernement sont déjà hors d'atteinte. La pression monte sur le Premier ministre -
EditorialCarburants : TotalEnergies, plus responsable que toute la classe politique
Dans un concert d'impostures, TotalEnergies maintient le plafonnement de ses prix, alerte sur une possible crise de l'approvisionnement, prépare l'avenir en consacrant un tiers de ses investissements aux énergies bas carbone, s'affirme comme un acteur clé de la souveraineté énergétique française