La situation chinoise met sous pression la machine exportatrice allemande
L’Allemagne a dévoilé hier de bons chiffres macroéconomiques et le DAX le lui a bien rendu en reprenant plus de 4,5%. La quatrième puissance économique mondiale s’est arrogée une croissance de 0,4% au deuxième trimestre. Un chiffre qui correspond aux estimations et qui est légèrement supérieur à la moyenne de 0,3% qui prévaut en zone euro.
Surtout, le climat des affaires a continué de s’améliorer au mois d’août dans le pays, selon l’indice Ifo, qui a atteint 108,3 contre 108 en juillet. Une performance étonnante dans le contexte macroéconomique actuel : les Etats-Unis hésitent à remonter leur taux par crainte de «nouveaux chocs externes», le Japon a présenté une croissance trimestrielle négative de 0,4% et la Chine est embourbée dans un marasme boursier.
Le succès allemand repose une nouvelle fois sur les exportations. Selon les prévisions de l’institut national de statistiques Destatis, elles ont augmenté de 2,2% du premier au deuxième trimestre tandis que les importations n’ont augmenté que de 0,8% sur la période. La vente de biens et services à l’étranger a ainsi généré 0,7 point de croissance du produit intérieur brut (PIB) allemand sur le trimestre tandis que la consommation et les investissements domestiques ont contribué négativement à hauteur de 0,3 point de PIB.
Coutumier du fait, le pays continue de s’appuyer sur sa machine exportatrice pour tirer sa croissance. Une recette qui pourrait se compliquer avec le ralentissement de l'économie chinoise. Le pays se trouve être le troisième marché étranger de l’Allemagne, et même s’il ne représente que «6,6% des exportations totales» comme l’a précisé hier un porte-parole du ministère de l’Economie allemand, les répercussions seront très certainement importantes. Elles commencent même déjà à se faire sentir.
Le déficit commercial de l’Allemagne vis-à-vis de la Chine est ainsi passé de 4,8 milliards d’euros en 2014 à 7,3 milliards pour le premier semestre 2015. En première ligne, les constructeurs automobiles, Volkswagen, Daimler et BMW, dont les cours de Bourse ont perdu près de 15% depuis début août.
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