La Sfil continue de dégonfler son encours d’emprunts toxiques
La banque de financement des collectivités a réduit son encours d’emprunts toxiques de 2,5 milliards d’euros à 6 milliards à la fin du mois de mars.
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Solenn Poullennec
La Société Française de Financement Local (Sfil), la banque publique créée après la faillite de Dexia pour assurer le financement des collectivités et des hôpitaux, continue de se débarrasser peu à peu de ses emprunts toxiques. L’encours des emprunts sensibles porté par la banque a été ramené à 6 milliards d’euros à la fin du mois de mars contre 8,5 milliards d’euros à la fin de 2012.
L’année dernière, la banque, dont le capital est détenu à 75% par l’Etat, 20% par la CDC et 5% par la Banque Postale, a dépassé son objectif de «désensibilisation», fixé à 1 milliard d’euros, avec quelque 1,2 milliard d’euros de dossiers traités, souligne le rapport financier publié il y a une dizaine de jours. L’année 2014 a été notamment marquée par la signature de transactions avec des collectivités qui étaient à la pointe du combat contre les banques au sujet des emprunts toxiques, comme le Conseil Général de Seine-Saint-Denis ou encore la ville de Saint-Etienne. A ce jour, alors que 754 emprunteurs ont reçu une proposition de «désensibilisation», 185 clients, dont 151 collectivités locales ont été totalement «désensibilisés».
La Sfil a enregistré l’année dernière quelque 34 millions d’euros de pertes contre 69 millions l’année précédente. Le résultat net ressortirait à -4 millions d’euros si le groupe n’avait pas dû faire face à deux éléments exceptionnels: des «éléments de volatilité liés à la valorisation du portefeuille de dérivés» pour 21 millions d’euros et une contribution à la constitution aux fonds de soutien pour les hôpitaux confrontés aux emprunts toxiques pour 18 millions.
Alors que le produit net bancaire de la Sfil s’établit à 75 millions en 2014, le coût du risque de -18 millions s’est amélioré de 160 millions par rapport à l’exercice 2013, où la Sfil avait comptabilisé sa contribution au fonds de soutien aux collectivités locales. Pour aider les hôpitaux, confrontés à l’abandon par la Banque nationale de Suisse du cours plancher de 1,20 franc suisse pour un euro, le gouvernement a annoncé un quadruplement de son aide, à 400 millions d’euros et un doublement du fonds de soutien aux collectivités, à 3 milliards.
Les collectivités ont jusqu’au 30 avril prochain pour solliciter une aide du fonds. Pour la percevoir, elles devront signer une transaction avec leurs banques. La politique de désensibilisation de la Sfil devrait donc s’accélérer.
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